Considérant tous que le changement de millénaire n'est pas un aléa, les assureurs estiment que ce risque n'est pas assurable. Alors que les Britanniques ont exclu ce risque de presque tous leurs con...

Considérant tous que le changement de millénaire n'est pas un aléa, les assureurs estiment que ce risque n'est pas assurable. Alors que les Britanniques ont exclu ce risque de presque tous leurs contrats d'assurance, les Français, comme la plupart des autres acteurs continentaux, sont plus ouverts. Au départ très fermes, les Américains ont ensuite assoupli leur position. Dans l'histoire de l'assurance, il s'agit d'un cas unique : pour la première fois, il existe un risque potentiel daté. La position des assureurs critiquée par les industriels a cependant évolué au cours des mois. Alors qu'en 1995, lors de réunion à la FFSA, bon nombre d'entre eux estimaient qu'il ne se passerait rien, l'approche était inverse en 1998 "certains assureurs ont paniqué au cours des derniers mois de 1998". En principe, les assureurs couvriront les dommages matériels (incendie ...). Pour la responsabilité civique, particulièrement pour les entreprises liées de près ou de loin à l'informatique, le problème est plus complexe. Directeur de la gestion des risques de Synthélabo, Michel Mund confie "le côté intransigeant de certaines compagnies d'assurances qui refusaient de couvrir le risque, parce que ce n'était pas un aléa, a parfois été mal ressenti : il s'oppose à l'une des missions de l'assureur qui est la prévention". Aujourd'hui, tout en s'attendant à devoir gérer un afflux massif de réclamations le jour J et dans les mois qui suivront, la profession se refuse à toute prévision. Opérationnelle depuis le 1er janvier 1999, une plate-forme baptisée "coordination 2000" a été mise en place par la profession et regroupera, d'ici à mi-1999, un "réservoir" de près de 80 experts. La principale fonction de cette "assistance technique et juridique" sera de déterminer la cause technique du sinistre. Selon les estimations, les entreprises du monde entier auront dépensé en quatre ans pour adapter leurs ordinateurs à l'an 2000 entre 300 et 600 milliards de dollars (258 et 516 milliards d'euros). Cela explique pourquoi industriels et assureurs se renvoient la balle. Il est à prévoir que de nombreux litiges se régleront devant les tribunaux .... (Le Monde - 19/01/1999)