Télétravail, nomadisme, coworking ou encore corpoworking : l'environnement de travail du salarié se transforme. Une étude commanditée par Polycom décrypte les tendances de ces bureaux du futur.

Flexibilité du travail: les tendances du nouveau bureau se déclinent en chiffres

Une récente étude sur les espaces de travail du futur commanditée par Polycom révèle que 30 millions de personnes travaillent à domicile au moins une fois par semaine aux États-Unis. Ce pays est avec la Chine celui qui encourage le plus le travail nomade: 48% de leurs entreprises poussent leurs salariés à travailler depuis n'importe quel terminal ou lieu, contre 29% pour la moyenne mondiale. La tendance va se renforcer dans les années à venir: 60% des salariés de bureau travailleront régulièrement de chez eux d'ici à 2022. Et pour cause, d’ici à 2025, jusqu’à 8% de la croissance mondiale sera générée par les mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants dans les pays émergents.

Mégalopoles et plus généralement métropoles où, comme l’explique Nathanaël Mathieu, “la problématique du transport est souvent forte. A Paris par exemple les gens ont souvent une heure de trajet entre le domicile et le bureau, ce qui pousse les salariés à se poser la question de la nécessité de se rendre sur leur lieu de travail”. Le co-fondateur de Neo-Nomade et LBMG Worklabs, explique cette “montée en puissance du nomadisme” par deux autres facteurs: "on le doit aux outils digitaux bien sûr mais c'est aussi dû à une transformation culturelle et sociétale". L’étude met également l’accent sur ces deux moteurs de la flexibilisation du travail que sont la volonté des salariés et des entreprises, et le développement des moyens technologiques.

Le télétravail se développe. Source: Étude Polycom

L’essor des technologies, source de travail mobile

“Sans internet, la 3G, les smartphones etc. le nomadisme serait beaucoup plus compliqué”, relève Nathanaël Mathieu. En effet, la généralisation des technologies de communication visuelle notamment permet aux salariés de pouvoir collaborer à distance et accroît même la productivité selon l’étude. Une personne sur trois parmi les salariés interrogés considère que le manque de technologie mobile est le frein le plus sérieux au travail flexible. Les salariés sont également nombreux à reconnaître l’efficacité de la vidéoconférence pour atteindre des objectifs professionnels: ils sont 85% parmi les répondants. Une technologie qui a de l’avenir d’après les décideurs puisque 56% des managers et chefs d’entreprise prévoient que la vidéo devienne l’outil le plus utilisé pour collaborer en 2016. Au sein de la génération Y, 78% expliquent que l’accès aux technologies de leurs souhaits les rend plus efficaces et plus productifs. D’après les entreprises interrogées, la collaboration par vidéo contribue aussi à améliorer la productivité du travailleur à distance de 39%. Le co-fondateur de Neo-Nomade et LBMG Worklabs précise néanmoins que si “les outils qui permettent de communiquer de manière efficace existent, il faut qu’il y ait un accompagnement pour en faciliter et généraliser l’accès”. Pour cela, il faut que les entreprises s’adaptent à la tendance.

L’importance d’une vie équilibrée et du travail flexible. Source: Étude Polycom

Une évolution des mentalités est nécessaire à la flexibilisation du travail

D’après l’étude commanditée par Polycom, la flexibilité du travail est de plus en plus attendue et demandée par les salariés, notamment les jeunes générations. En effet, 9 représentants sur 10 de la Génération Y citent la flexibilité au travail comme priorité et sur l’ensemble des salariés interrogés, 69% d’entre eux affirment que la flexibilité du travail est vitale pour réduire le stress lié à l'activité professionnelle. C’est probablement la raison pour laquelle 59% des salariés brésiliens, 57% des indiens ou 38% des américains seraient prêts à accepter un salaire inférieur en échange de la possibilité de télétravailler. Les mentalités semblent donc évoluer en faveur du nomadisme. En France, la pratique se répand “mais de manière informelle”, précise Nathanaël Mathieu. “Dans les faits, deux tiers des salariés font du télétravail de manière tacite, juste avec un accord oral de leurs managers sans programme dédié”, or “les façons de travailler en dehors du bureau sont différentes: il faut des objectifs clairs et précis sur des périodes courtes. Pour que ce soit efficace, il faut que ce soit encadré par l’entreprise”. En effet, le risque de la flexibilité est qu’elle “peut amener à un empiètement sur la vie privée donc la question de l'encadrement des pratiques est importante”, surtout sachant que 95% des membres de la Génération Y considèrent l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle comme essentiel. En France, des progrès restent à faire pour avoir un bureau qui se prolonge dans d’autres lieux et notamment chez soi. Les formes de travail flexible comme le corpoworking, l’ouverture des bureaux à d’autres entreprises, sont encore peu répandues.

 

Rédigé par Sophia Qadiri
Journaliste