En annonçant son intention d'offrir au cours du deuxième trimestre 1999 un service d'accès gratuit à Internet à Paris, Lyon et Lille, le groupe Serveur a lancé en février un véritable pavé dans la...

En annonçant son intention d'offrir au cours du deuxième trimestre 1999 un service d'accès gratuit à Internet à Paris, Lyon et Lille, le groupe Serveur a lancé en février un véritable pavé dans la mare. Bien que cette idée soit séduisante pour l'utilisateur et le fournisseur d'accès à Internet, elle ne l'est pas pour France Télécom. Serveur entend en effet financer son projet par la publicité, son service d'assistance téléphonique et par les "reversements", dernier point n'étant pas du goût de l'opérateur public. Un haut responsable de France Télécom estime "on trouvera bien un moyen de bloquer ce genre de pratique". Actuellement, lorsqu'un client de France Télécom appelle un correspondant abonné chez un autre opérateur, l'opérateur historique et son concurrent se partagent, au pro rata de l'utilisation de leurs réseaux respectifs, le prix de la communication. Avec Internet, ce n'est plus du tout la même chose. Les appels ne se font, en effet, que dans un sens, vers le fournisseur d'accès. Aujourd'hui, comme la plupart des fournisseurs d'accès utilisent le réseau de France Télécom, ce dernier n'a rien à reverser. Toutefois, ceux-ci pourraient bien décider d'aller chez un autre opérateur local en demandant une rémunération qui pourrait leur permettre de proposer de l'Internet gratuit, en échange du trafic apporté. Pour France Télécom, obligé dans ce cas de rémunérer ses concurrents, ce serait un véritable scénario catastrophe. (Les Echos - 19/03/1999)