Non seulement la libéralisation exacerbe la compétition entre les opérateurs, mais surtout elle change la nature même de leur activité. Récemment, le magazine américain Red Herring écrivait “à trave...

Non seulement la libéralisation exacerbe la compétition entre les opérateurs, mais surtout elle change la nature même de leur activité. Récemment, le magazine américain Red Herring écrivait “à travers des fusions et des acquisitions, les opérateurs se transforment en conglomérats de communication multiservices”. Ainsi, France Télécom a investi dans des entreprises de contenu, avec une prise de participation dans Echo, l’inventeur du moteur de recherche sur Internet “Voila”. L’opérateur convoite maintenant Overgame, un site spécialisé dans les jeux vidéo appartenant à l’Ile des Media, une agence de presse on line. Le champ d’action est vaste, allant des acquisitions à des prises de participations, aux fonds de capital-risque ou de capital investissement. Aux côtés de banques, d’investisseurs institutionnels et d’industriels, France Télécom détient 20 % d’Innovacom. Il y a un an, Deutsche Telekom a créé sa filiale à 100 % T-Venture dotée d’un fonds de 100 millions de DM. Vivendi a tout récemment investi 200 millions de F dans Viventure. Les opérateurs interviennent également dans les premiers tours de table qui permettent d’aider une société en création. Les industriels suivent aussi le mouvement. Ainsi, Cisco a fait part de son intention d’acquérir chaque année une quinzaine de start-up. Lucent Technologies a créé un fonds de 100 millions de dollars, Lucent Ventures Partners “Lucent New Ventures group aide les chercheurs à financer leur essaimage”.

Conséquence de ce phénomène, une effervescence créatrice agite le monde des entreprises de croissance. Les start-up européennes des télécoms n’ont jamais eu autant d’argent disponible en capital risque. La crise boursière aux Etats-Unis n’a que peu d’incidence sur le secteur des télécommunications qui continue d’attirer les dollars. Selon Yves Gassot, directeur de l’Idate “les start-up ont leurs propres cartes à jouer”. Les nouveaux venus dans les télécoms peuvent inquiéter les ténors historiques. (Dossier de cinq pages La Tribune 05/11/1998)