Délégué permanent de l’AFA (l’association française des fournisseurs d’accès), Jean-Christophe Le Toquin pronostique “la situation n’est pas simple, mais elle va par la force des choses s’éclaircir ...

Délégué permanent de l’AFA (l’association française des fournisseurs d’accès), Jean-Christophe Le Toquin pronostique “la situation n’est pas simple, mais elle va par la force des choses s’éclaircir prochainement”. En effet, les autorités américaines ont annoncé mercredi dernier qu’elles assureraient la gestion des noms de domaines de l’Internet encore pendant une semaine, alors qu’elles avaient prévu de s’en désengager à la fin du mois de septembre. Au niveau de chaque pays, les noms de domaines sont attribués et gérés par le bureau local du NIC habilité à attribuer des noms avec les extensions “.fr”, “.de”, etc. L’Iana gère aux Etats-Unis les noms de domaines de type “.com” et délègue leur commercialisation à une société de droit privé Networks Solutions. Le gouvernement américain a indiqué l’année dernière que l’agence qui supervise ce dossier passerait la main. Après de nombreuses polémiques, les Américains ont établi en juin un livre blanc fixant la date limite du 30 septembre pour la création d’un conseil d’administration de 19 membres. Si en principe une large concertation préside à l’établissement de cette commission devant statuer sur l’avenir des noms de domaine, un certain nombre d’options semble se dégager dans la pratique. Jean-Christope Le Toquin affirme “les Américains souhaitent qu’il s’agisse d’une structure américaine dépendant du droit de Californie ou du Delaware”. Estimant ne pas avoir le poids politique suffisant pour peser sur les décisions qui seront prises dans les jours à venir, les professionnels de l’Internet en Europe semblent accepter aujourd’hui cette option. Une première liste de noms existerait déjà pour cette commission de 19 membres, selon un fournisseur d’accès européen, comprenant 5 Américains, 3 Asiatiques, 4 Européens et vraisemblablement 2 institutions gouvernementales américaines. Un ISP français exprime ses craintes “si les Américains mettent la main sur cette structure de tutelle, cela peut être lourd de conséquences pour l’ensemble de la profession. Derrière les noms de domaine, c’est la question des choix technologiques et du respect du droit des marques qui est en question”. (La Tribune - 02/10/1998)