L’américain Global TeleSystems (GTS) s’est porté hier acquéreur du britannique Esprit Telecom. Evaluée à environ 655 millions de dollars (près de 3,7 milliards de F), l’opération se fera par échan...

L’américain Global TeleSystems (GTS) s’est porté hier acquéreur du britannique Esprit Telecom. Evaluée à environ 655 millions de dollars (près de 3,7 milliards de F), l’opération se fera par échange croisé d’actions. Détenant 65 % du capital, les actionnaires d’Esprit ont approuvé l’offre de GTS. Une fois obtenus les divers feux verts réglementaires et l’accord d’investisseurs détenteurs d’obligations Esprit, l’opération devrait s’achever avant la mi-1999. Le nouvel ensemble devrait réaliser un peu moins de 500 millions de dollars de chiffre d’affaires.

Contrôlée à environ 15 % par le financier George Soros, GTS a pour principaux actifs diverses activités de télécommunications en Russie, en Ukraine et pays de l’Est ainsi qu’une participation de 89,6 % dans Hermes Europe Railtel, un opérateur de télécommunications paneuropéen. Le réseau actuel d’Hermes long de plus de 9 000 km relie déjà plus de 15 villes dans 9 pays. Fin 1999, le réseau de 18 000 km devrait relier 45 villes et traverser 16 pays. Hermes revend en fait de la capacité aux autres opérateurs.

Né en 1992 en Grande-Bretagne, Esprit Telecom, étendu déjà dans six autres pays de l’Union européenne (France, Allemagne, Belgique …), compte aujourd’hui plus de 7 000 clients. En 1998, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 82,6 millions de livres (+ 82 %) pour des pertes de 42,1 millions de livres. La vente directe de services aux entreprises européennes génère les trois quarts de son chiffre d’affaires. Cette activité vient compléter celle de GTS. Cherchant à développer cette activité, GTS a déjà finalisé, début décembre, l’acquisition d’un opérateur finlandais, spécialiste des services de télécommunications longue distance aux PME, NetSource Europe ASA (28 000 clients professionnels, 61 000 résidentiels dans sept pays européens). Esprit Telecom étant titulaire en France du préfixe 6 a pour obligation d’y bâtir un réseau. Non seulement, le changement d’actionnaire devra obtenir l’accord de l’ART, mais le calendrier de déploiement devra aussi être respecté. (Les Echos La Tribune Le Figaro L’Agefi 09/12/1998)