Passer par un réseau social simplifie l'envoi d'information entre individus, dont certains possèdent un fichier lourd et d'autres veulent se le procurer. Un système adapté au partage en P2P via mobile.

Quand le graphe social facilite l'échange de fichiers

Pour organiser l’échange de fichiers lourds au sein d’un groupe de personnes (étudiants sur un campus, professionnels réunis lors d’une conférence), il ne faut pas se contenter de créer un réseau ad hoc via les mobiles de chacun des participants. Mais partir des relations sociales des individus, et de leur proximité géographique. Voilà le postulat de trois chercheurs de l’université du Texas. Ceux-ci publient une étude dans laquelle ils proposent un système algorithmique qui part du graphe social des sites communautaires et - éventuellement - des données de géolocalisation disponibles, pour planifier le partage de fichiers vidéo entre plusieurs personnes. Plus clairement, les scientifiques expliquent que les réseaux sociaux permettent un échange optimal de l’information. Il faut donc commencer par effectuer des requêtes sur les sites communautaires, pour ensuite échanger les fichiers lourds sur le réseau d’échange en pair à pair créé entre les mobiles des utilisateurs.

Les requêtes s’effectuent sur le réseau social

Concrètement, pour un fichier vidéo en particulier, certains membres cherchent à se le procurer (eager nodes), d’autres le possèdent (active nodes). D’autres enfin ignorent son existence (inactive nodes). Mais bien souvent, plusieurs membres peuvent rechercher à récupérer le même fichier, et un seul et même individu ne peut gérer toutes les requêtes. L’idée des scientifiques est de faciliter cette opération. En intégrant à leur système de calculs les données qui concernent les relations sociales des individus les uns avec les autres, et leur proximité géographique. Le but ? Planifier de façon optimale la diffusion (ou dissémination) du fichier vidéo recherché, au sein du réseau constitué ad hoc. Les algorithmes mis au point procèdent en trois phases successives. La première est la phase de requête. Les individus qui souhaitent récupérer la vidéo se manifestent sur le site communautaire auprès d’un membre actif.

Planifier l’échange de fichier

Soit un membre qui possède le fichier. Si les données géographiques sont disponibles, les membres les plus proches de ce dernier sont favorisés. Vient ensuite la phase de planification. Là encore, le réseau social est utilisé pour organiser dans le temps les séquences de transmission : à chaque membres désireux de se procurer la vidéo est assigné un membre actif donné. Dans la troisième phase, dite de "transmission", chacun procède à l’envoi du fichier vidéo via son mobile. En passant donc par le réseau ad hoc constitué entre les appareils. "Cette phase finale se distingue des deux précédentes, dans la mesure où les techniques de routage utilisées sont cette fois indépendantes de la structure du réseau social, et suivent les protocoles de partage par multi-sauts", concluent les scientifiques.