Ron Sommer, le président du directoire de Deutsche Telekom et Franco Bernabè, le PDG de Telecom Italia ont présenté et défendu hier leur projet de fusion. Franco Bernabè a tout de suite cherché à ra...

Ron Sommer, le président du directoire de Deutsche Telekom et Franco Bernabè, le PDG de Telecom Italia ont présenté et défendu hier leur projet de fusion. Franco Bernabè a tout de suite cherché à rassurer "ce n'est pas le mariage de deux dinosaures. Nous venons, au contraire, juste de faire le premier pas qui permettra de créer un puissant opérateur de télécommunications européen en prenant le meilleur de nos deux sociétés". Deutche Telekom détiendra 56 % de la nouvelle société devant naître de cette fusion, Telecom Italia 44 %. Actionnaire de Deutsche Telekom à hauteur de 72 %, le gouvernement allemand contrôlera 40 % de l'ensemble. S'étant engagé à ne pas influer sur la gestion de l'entreprise, il se désengagera progressivement. A l'issue de cette opération de plus de 80 milliards de dollars, Allemands et Italiens devraient diriger le nouveau groupe sur un pied d'égalité. MM. Bernabè et Sommer codirigeront ce groupe en s'appuyant sur un conseil de surveillance de 20 membres (5 nommés par Deutsche Telekom, 5 par Telecom Italia, 10 représentants des salariés) et un comité exécutif de 12 membres (les 2 présidents + 5 représentants de chaque opérateur). Si ce "mariage entre égaux" aboutit, il donnera naissance à un véritable poids lourds capable de se battre sur la scène internationale (300 000 salariés servant 72 millions de clients dans la téléphonie fixe, soit un quart de la population européenne, 33 millions dans le mobile et 20 % des internautes européens ..). Toutefois, outre les problèmes réglementaires, les deux opérateurs vont devoir convaincre leurs actionnaires que cette fusion sera créatrice de valeur. Si l'Etat allemand a déjà fait connaître son approbation de principe, il faut encore séduire les actionnaires minoritaires allemands. Les actionnaires italiens, de leur côté, devront comparer l'offre de Deutsche Telekom à celle déposée hier par Olivetti. Le mariage du premier et du quatrième opérateurs européens donnera naissance au deuxième acteur mondial du secteur, solidement implanté en Allemagne, en Italie, et en Espagne, disposant de positions en France, en Autriche et en Amérique latine. Telecom Italia peut, par ailleurs, faire valoir son succès dans les mobiles et Deutsche Telekom dans l'Internet. Ne programmant pas de suppressions d'emplois supplémentaires à celles qu'ils prévoyaient avant leur projet de fusion, les deux groupes estiment être en mesure de générer entre 600 millions d'euros d'économie avant impôt sur l'année 2000 et jusqu'à 1 milliard d'euros en 2003 en construisant un réseau paneuropéen, une marque unique dans les mobiles et en assurant une centralisation de certaines fonctions, dont les achats. (Les Echos - Le Figaro - La Tribune - Libération - 23/04/1999)