Tous les grands noms de la téléphonie mobile vont s'y retrouver, non seulement pour célébrer cette norme de téléphonie cellulaire, mise au point en Europe, ayant permis aux industriels européens d...

Tous les grands noms de la téléphonie mobile vont s'y retrouver, non seulement pour célébrer cette norme de téléphonie cellulaire, mise au point en Europe, ayant permis aux industriels européens de séduire plus de 120 millions d'utilisateurs dans le monde en moins de dix ans, mais aussi vanter les mérites de la future génération de téléphonie mobile, connue en Europe sous le nom d'UMTS. Cette révolution annoncée provoque toutefois bien des maux de tête. La 3G (pour troisième génération) s'est en effet transformée, en quelques mois, en un bras de fer diplomatique et technologique. Le téléphone du futur est déjà l'enjeu d'un procès. En effet, à moins d'un accord de dernière minute, l'européen Ericsson et l'américain Qualcomm s'affronteront le 6 avril prochain devant une cour du Texas. L'avenir de la téléphonie mobile pourrait bien être mis entre parenthèses, si les deux fabricants ne trouvent pas de terrain d'entente d'ici là. Qualcomm estime en effet qu'Ericsson s'est approprié certains de ses brevets fondamentaux. Si Ericsson refuse de verser des royalties conséquentes, Qualcomm pourrait bien menacer de bloquer chaque réseau ou terminal de la 3G. Aucun opérateur ne prendra le risque d'investir tant que le différend ne sera pas tranché. En décembre dernier, Qualcomm a reçu le soutien de son gouvernement. Madeleine Albright, le secrétaire d'Etat, dans une lettre à la Commission européenne, accusait les Quinze de protectionnisme. Non seulement, les Etats-Unis veulent faire reconnaître la validité des brevets de Qualcomm, mais ils exigent en outre que l'Europe ouvre ses portes à son industriel. L'Amérique, champion de la concurrence, ne veut plus du principe "une bande de fréquence, une technologie, une licence". Si l'Europe s'obstine, l'affaire risque d'être portée devant les instances internationales. Demain, on risque donc de voir différentes technologies 3G s'affronter sur le territoire européen, remettant ainsi en cause la possibilité d'utiliser un même terminal mobile partout en Europe. Plus personne n'ose d'ailleurs prétendre que le mobile du futur sera universel. Chaque région défendant son standard, trois ou quatre technologies devront apprendre à cohabiter. Espérons tout au plus que les terminaux du futur seront multimodes, capables de voyager et de se "brancher" au moins partiellement, sur les différents réseaux qui coexisteront. (Les Echos - 23/02/1999)