Si en 2013, le volume du chiffre d'affaire des acquisitions effectuées en France dans le domaine de l'informatique a doublé, la question demeure sur la durée d'une telle croissance.

Hausse des acquisitions dans le secteur des TICs : une reprise pérenne ?

Bien que 2013 ne semble pas être une année particulièrement féconde en ce qui concerne le marché des NTIC, avec une croissance estimée à seulement 0.3% (selon un rapport de Syntech Numérique), celle-ci apparaît comme exceptionnelle du côté des fusions-acquisitions. En effet, le baromètre IT de la société de conseil APManagement dévoile un volume de 2.1 milliards d’euros de chiffre d’affaires des acquisitions dans ce secteur, mettant en lumière une progression de près de 90% par rapport à l’année 2012. Pour Pierre-Yves Dargaud, président d’APM, ces résultats indiquent une véritable consolidation du secteur IT liée à “la diminution des incertitudes macro-économiques”. Et pour l’auteur de l’étude, trois grandes tendances mettent d’ores et déjà en avant une amplification qui devrait se poursuivre dans les années à venir : une concurrence accrue, des attentes plus spécifiques des grands clients et de bonnes capacités d’investissement.

Entre concurrence et grands clients

Ainsi, l’étude révèle que la concurrence s’agitent aussi bien du côté des acteurs classiques du marché des NTIC français (qui représentent 1 383 milliards d’euros du CA des acquisitions) que de celui des acteurs étrangers (à hauteur de 703 milliards d’euros), avec notamment une pression venant d’Inde et des Etats-Unis. Mais pas seulement, puisque des challengers provenant d’autres métiers et souhaitant développer des synergies apparaissent, tels que les opérateurs télécoms, les constructeurs ainsi que les sociétés d’interim. Pareil pour les fonds de capital-transmission attirés, pour leur part, par les perspectives de croissance positives. Autre raison indiquant que la croissance du marché de l’acquisition devrait perdurer : la volonté grandissante des grands clients de réduire le nombre de leur fournisseurs en raison de politiques tarifaires plus drastiques. Les entreprises de services numériques doivent donc pouvoir proposer une offre plus complexe avec une couverture géographique plus étendue, qui peut facilement s’acquérir grâce à des fusions et cessions.

Un développement à l’étranger aussi !

Enfin, le rapport met en lumière que malgré des résultats moyens, les grands acteurs du secteur informatique gardent de très bonnes marges opérationnelles et continuent d’avoir facilement accès à des financements bon marché. Et si cette tendance à la hausse semble pérenne, il ne faut pas oublier l’importance des acteurs français eux-mêmes sur le marché étranger. Car en effet, si le nombre d’acquisitions est en très léger recul pour 2013, avec 33 opérations contre 35 en 2012, le volume de celles-ci augmentent également légèrement avec 566 milliins d’euros en 2013 contre 563 millions en 2012, indiquant toutefois dans les deux cas une stabilité. A noter, ces acquisitions d’entreprises étrangères sont principalement localisées dans les pays d’EMEA pour 74% des acquisitions. Les acquisitions les plus nombreuses se situant à égalité en Allemagne et au Royaume-Uni (7 acquisitions en 2013 par des entreprises françaises), sans oublier la destination privilégiée que restent les Etats-Unis (6 acquisitions).

Rédigé par Aurore Geraud
Responsable éditoriale