Suite à la conférence "Mobile First : Anytime, Anywhere" au Hubforum, Nicolas Petit est revenu sur les opportunités de la 4G et sur l'environnement plus que concurrentiel du secteur de la mobilité.

[HubForum] "Plus qu'un monde sans frontières, l'utilisateur veut la fin des contraintes réseau"

Interview de Nicolas Petit, COO de Microsoft France à l'occasion de sa participation au HubForum 2013 qui se déroule aujourd'hui et demain à Paris.

L'Atelier : Que constatez-vous du point de vue de la concurrence qui existe actuellement sur le marché de la mobilité ?

Nicolas Petit : C'est un peu l'image du Far West, on est à la frontière avec les pionniers qui attendent de s'y ruer. On est à ce moment là en train de basculer vers un nouvel univers numérique. Ce n'est pas uniquement lié à l'usage, à la pénétration des tablettes et mobiles, c'est lié à un changement de paradigme : c'est l'hyper-personnalisation et le multi-équipement. La nouvelle frontière, c'est celle certes du multi-équipement mais aussi surtout le choix d'offrir un univers qui soit vraiment pertinent.

Mais la multiplication des nouveaux acteurs, parfois même low-cost, ne risque-t-elle pas d'engorger le marché ?

Non car les opportunités sont infinies et ce pour 3 raisons à mon sens. La première est celle de l'ouverture de la 4G qui est une vraie rupture majeure, c'est la même chose que de passer du modem 56k à l'ADSL. L'impact est similaire, il s'agit de transformer les usages en rendant possible la fusion du fixe et du mobile d'un côté, et de l'autre de tirer parti du deuxième aspect qui est la révolution du hardware. Nous avons désormais accès à une puissance de calcul proprement incroyable sur nos terminaux mobiles. La conjonction du réseau et du hardware, c'est l'accélération de l'accélération. Cette révolution n'est pas nouvelle mais l'accélération devient hyperbolique. Le software de même n'a jamais été aussi important comme le montre l'exemple du Cloud : le fait est que les utilisateurs n'acceptent plus d'univers qui soit fermé. Ce qui appelle de notre part une plus grande souplesse, les utilisateurs attendent l'abolition de la contrainte du réseau et de l'engagement, c'est désormais la marque qui va primer sur la fidélité héritée, contrainte, dans un univers plus transparent mais aussi plus volatile. L'enjeu est donc celui de l'après frontière, quel est cet univers que nous attendons, la seule question pour nous est de pouvoir fournir les bonnes pioches et pelles pour ceux qui nous accompagneront l'explorer.

En quoi la 4G va changer la donne?

C'est deux choses : la première, c'est la voie de retour, ça booste les réseaux descendants et surtout ça offre une voie de retour qui n'existait pas avant. Avec de la 4G on n'aura plus forcément besoin d'un deuxième écran pour travailler nos données brutes, éditer notre photo ou monter notre film par exemple. Cela va bouleverser et les moyens d'expression mais aussi des industries entières, en termes d'outil de travail, d'immédiateté et aussi de disponibilité. Au quotidien le numérique et la voie de retour va permettre une interaction très différente de celle que nous avons maintenant. Deuxième point bien sûr c'est le confort d'utilisation mais il est aussi directement lié à la voie descendante. C'est ce petit détail dans la rapidité du réseau qui va compter, la différence souvent entre un service qui marche et un service qui marche pas c'est 5% d'amélioration.

Quelle stratégie de pénétration sur ce nouveau marché?

La question est celle de la potentialité, la capacité à démocratiser le potentil d'usage de la 4G est fondamental, du moins pour Microsoft nous souhaitons continuer à démocratiser, à rendre accessible au plus grand nombre la 4G. Sur le marché les positions se redistribuent très rapidement, il faut réussir à servir les usages où ils sont au moment où ils sont. Il ne faut pas se cantonner à une plateforme, mais permettre de satisfaire les usages des utilisateurs qui ont fait le choix de la concurrence, en proposant Office aux autres plate-formes par exemple. D'un point de vue industriel il faut être en permanence en remise en cause et en permanence à l'écoute des utilisateurs.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste