La publicité cherche sans cesse de nouvelles pistes pour se renouveler et vient de trouver un nouveau terrain, les icônes de bureau.

Les icônes de bureau deviennent espace publicitaire pour la bonne cause

Des photos de vacances à l’effigie Instagram ou un document Word qui ressemble à une bouteille de sauce Heinz : les marques investissent les icônes des fichiers sur les ordinateurs. Oxfam, une confédération internationale regroupant dix-huit associations a lancé l’application « Donation Icons » avec l’agence RKCR Y&R. Une fois installée sur son ordinateur, l’application transforme les icônes des fichiers en espaces publicitaires. Les noms, propriétés et contenus de chaque fichier restant, bien sûr, inchangés. Les publicités sont mises à jour toute la journée en fonction du moment et de la localisation, pouvant par exemple présenter des offres proportionnelles limitées dans le temps.

L’intérêt pour les associations d’Oxfam ? L’intégralité de l’argent versé par les annonceurs pour accéder à ces mini-espaces est entièrement transférée dans une cagnotte, et c’est l’utilisateur qui choisit l’association qu’il souhaite financer. On peut ainsi suivre le montant récolté grâce à l’application et l’utilisation qui en est faite. De plus, en cas d’alerte humanitaire, les icônes signalent quelle est l’urgence et l’association à soutenir en priorité.

Donation Icons renouvelle la publicité solidaire déjà expérimentée par Goodeed et Anona qui fonctionnent sur le même principe en proposant de visionner des publicités vidéos qui génèrent des dons, ou encore Ecosia et Goodsearch, des moteurs de recherches qui récoltent de l’argent à chaque requête. De leur côté, les annonceurs ont tout à gagner en s’associant aux œuvres caritatives : en termes d’images bien sûr, mais également pour éviter les bloqueurs de publicités de plus en plus utilisés (198 millions d’internautes dans le monde).

L’idée est donc intelligente, mais des interrogations subsistent : les utilisateurs ne risquent-ils pas de se lasser des publicités intempestives qui investissent l’un des derniers espaces numériques disponibles ? Et si les fichiers changent de marques toute la journée, comment s’y retrouver ? Affaire à suivre.

Rédigé par Cécile Puyhardy
Journaliste