A la sortie des meilleures écoles de commerce indiennes, les jeunes diplômés parient sur le long terme, quitte à rogner sur leurs salaires immédiats. Et d'afficher un objectif clair: le développement.

Le constat est sans appel:  83% des étudiants indiens d'écoles de commerce privilégient les conditions et le profil de leur premier emploi à un premier salaire élevé. C'est ce que montre une étude d'opinion réalisée par l'Assocham, l'association des chambres de commerce et d’industrie indiennes, interrogeant 500 étudiants des meilleures écoles de commerce d'Inde sur leurs attentes en matière d’emploi. De l'Indian Institute of Management à l'Institute of Management Technology, en passant pas l'Indian Institute of Foreign Trade, c'est bien la même révélation: les hautes rémunérations ne sont plus la priorité. 

Du bénéfice à court terme au calcul de long terme

A l'inverse, seuls 4% des personnes interrogées affirment considérer un haut salaire comme principal critère de choix d'un emploi. Un chiffre faible qui tend à montrer un changement dans la façon d'envisager les premiers pas sur le marché du travail. Car traditionnellement, les futurs cadres considèrent leur formation, souvent longue et coûteuse, comme un investissement qui doit être rentabilisé dès la sortie de ces écoles. Et comment ne pas comprendre ces motivations ? Volonté de progresser sur l’échelle sociale, attentes de son entourage et, en premier lieu, de la famille, remboursement de prêts étudiants contractés pour financer ses études ou même désir d'entreprendre et de créer sa propre entreprise sont autant d'arguments qui peuvent pousser les hauts diplômés à la recherche des hauts salaires. Pourtant, l'étude montre que les jeunes diplômés considèrent leurs premiers emplois comme la continuité d'un investissement pour l’avenir.

Un choix au long cours : les opportunités de croissance

Les étudiants indiens sont donc prêts, pour trouver l'emploi qui leur correspond, à accorder moins d’importance à des critères qui entrent traditionnellement dans le choix des jeunes diplômés. Et à préférer construire leur avenir plus que de n'envisager que le présent. Cette tendance à la projection a une incidence sur le choix du lieu de travail. Selon cette étude, 75% des étudiants d’écoles de commerce désirent travailler dans des zones économiques développées avec de meilleures conditions de travail, des standards de vie satisfaisants et un potentiel de croissance certain avec, en tête, les Etats-Unis. Idem pour le choix du secteur. Si 51% de l'échantillon montre une préférence pour le secteur bancaire, le secteur des technologies de l’information en pleine croissance atteint la quatrième position avec 38% des suffrages, avant l’entreprenariat, l’automobile ou l’analyse financière. Ce constat est validé enfin par la nette préférence des hauts diplômés indiens pour l’avenir de l’entreprise et son évolution puisque 60% d'entre eux affirment préférer travailler dans une entreprise en développement plutôt que dans une entreprise déjà bien établie.