Malgré un taux de pénétration au haut débit encore assez bas (12,8% au premier trimestre 2006), les Italiens sont de plus en plus nombreux à plébisciter le Net, pour leur vie privée comme...

Malgré un taux de pénétration au haut débit encore assez bas (12,8 % au premier trimestre 2006), les Italiens sont de plus en plus nombreux à plébisciter le Net, pour leur vie privée comme pour leur travail. Mais Internet rime t-il avec projets technologiques de grande envergure ou n'est-il encore utilisé que comme un outil ? Quel est le rôle d'Internet dans la politique d'innovation des entreprises ?
 
Entretien avec Paolo Conti, journaliste milanais spécialiste des nouvelles technologies et... de cuisine pour Nòva24, le supplément de Il Sole 24 Ore, et fondateur du Cedites, le Centre d'Etudes pour la Divulgation des Technologies et de la Science, un organisme à but non lucratif créé en janvier 2006 avec Federico Ferrazza et Carlo Montanari.
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Paolo Conti, bonjour. Vous êtes journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies. A ce titre, où situeriez-vous l'Italie sur le secteur de l'Internet ?
 
 Paolo Conti : Que l'Italie soit en retard dans la diffusion de la large bande par rapport aux pays européens plus avancés n'est un secret pour personne. Mais le vrai problème est le manque de tout contexte financier capable d'aider les idées innovantes à prendre forme. Car des idées nouvelles, il y en a, croyez-moi. Les jeunes voient la Toile non seulement comme un instrument, mais aussi comme une opportunité. Et celle-ci stimule leur créativité. Mais de réelles prises de participation dignes de ce nom, il n'y en a pas même l'ombre.
 
Vous êtes le fondateur du Cedites, un centre qui favorise le partage des connaissances scientifico-technologiques pour innover. Que pensez-vous de l'usage que font les entreprises d'Internet ?
 
P.C : Les entreprises, en Italie comme partout ailleurs, cherchent depuis longtemps à utiliser Internet pour améliorer leur productivité. Elles n'y ont réussi qu'à moitié. Mais aujourd'hui les innovations les plus importantes se concrétisent ailleurs. Le Web 2.0 en est le parfait exemple : ce système de relation révolutionnaire, qui n'est pas encore réellement utilisé dans les entreprises, est en train de changer profondément le mode de relations qu'entretiennent les personnes entre elles. Les entrepreneurs devraient en tirer des conclusions.
 
Le premier projet du Cedites est consacré à la technologie RFID (Radio Frequency Identification). Quels sont les enjeux de cette technologie, pour les personnes mais aussi pour l'Italie, au niveau national et international ?
 
P.C : La RFID est une technologie qui permet d'étendre la Toile Internet jusqu' aux objets, sans qu'il soit besoin de liens physiques. Les possibilités de ce phénomène sont énormes pour les entreprises, mais surtout pour les personnes. Il y a certes des risques pour la vie privée, mais si l'on y travaille dans le bon sens, les bénéfices seront considérables. Et dans ce secteur, l'Italie se débrouille pas mal. Cinq grandes universités italiennes ont déjà créé des laboratoires pour étudier cette technologie, et elles collaborent avec des entreprises privées. Je suis convaincu que bientôt ces recherches produiront des modèles qui pourront être utilisés mais aussi exportés à l'étranger.
Propos recueillis par Mathilde Cristiani, pour L'Atelier.
Si vous parlez italien et que vous souhaitez plus de renseignements, Paolo Conti a créé un blog, sur lequel il présente ses différents projets, qu'ils soient consacrés à la technologie ou à la gastronomie. Il faut varier les plaisirs !
 
A noter: à partir du 1er janvier 2007, commencera le septième programme cadre de l'Union Européenne, qui planifie les enjeux et les objectifs des nouvelles technologies pour les prochaines années.