Du jamais vu à la Bourse de Paris, alors que le matin, l’action valait 927 F, elle clôturait le soir à 571 F. Au cours de la journée plus de 8,5 millions d’actions ont été vendues ou achetées, à t...

Du jamais vu à la Bourse de Paris, alors que le matin, l’action valait 927 F, elle clôturait le soir à 571 F. Au cours de la journée plus de 8,5 millions d’actions ont été vendues ou achetées, à tel point que des mesures exceptionnelles ont dû être prises par les autorités boursières afin de poursuivre la cotation de l’action. Alors que Serge Tchuruk, le patron d’Alcatel, laissait entrevoir, il y a quelques mois, une progression annuelle du chiffre d’affaires de 10 à 20 %, l’annonce hier des prévisions de bénéfices en baisse pour le second semestre 1998 a fait l’effet d’une bombe “l’année 1998 ne sera pas une année particulièrement heureuse”. Serge Tchuruk explique ces prévisions pessimistes par la forte réduction des investissements des opérateurs “historiques” de télécommunications, comme Deutsche Telekom et France Télécom ainsi que par l’aggravation des crises asiatique et russe et la réduction brutale des dépenses des opérateurs. Ayant représenté au premier semestre 40,9 milliards de F (+ 6,5 %), les systèmes de télécoms, principale activité d’Alcatel, ont souffert du ralentissement des marchés de la commutation et de l’accès, tendance qui devrait s’avérer durable selon le groupe. Le bénéfice opérationnel des télécoms ne devrait atteindre sur l’ensemble de l’année que 4 milliards de F, alors que les analystes tablaient sur 5 à 6 milliards. Serge Tchuruk a indiqué qu’il entendait accélérer: la poursuite du recentrage sur les systèmes et les composants de télécoms, l’augmentation de la productivité, la croissance du chiffre d’affaires et le renforcement sur le marché américain.

Pour les années à venir, le groupe entend renforcer son positionnement sur les marchés à forte croissance, comme les équipements pour Internet, les mobiles, la gestion de réseaux et les composants pour télécoms. Cette stratégie passe en partie par des acquisitions et des partenariats. Toutefois, les futures acquisitions devraient être plus modestes que celle de DSC finalisée il y a quelques semaines (26 milliards de F) “nous souhaitons acquérir à présent plutôt des stard-up”. (Le Parisien - Le Monde - Le Figaro - la Tribune - Les Echos - Libération