Si le Vieux Continent est dynamique en matière de technologies, il commence à accuser un retard face à d'autres régions comme l'Asie. D'où la nécessité de bâtir rapidement une véritable stratégie numérique.

L'Europe doit miser sur le cloud, l'interopérabilité et l'Internet des objets

L'Union européenne a fait du numérique l'un des sept axes majeurs constitutifs de la stratégie Europe 2020, rappelle le Centre d'analyse stratégique. Celui-ci vient de publier un rapport,L'Agenda numérique européen, dans lequel il propose des pistes pour parvenir à cet objectif. Cela, dans un contexte où le Vieux Continent est perçu comme prenant du retard par rapport à des continents comme l'Asie. Notamment dans le déploiement de la fibre optique très haut débit jusqu'à l'usager. En Corée du Sud, cette technologie représente 15 % des lignes, au Japon 12 % alors qu'en Europe le chiffre n'est que de 1,7 %. D'après le Centre d'analyse stratégique, les principaux axes sur lequel l'Europe devra travailler sont le cloud computing, les conditions d'interopérabilité et l'Internet des objets.

Des investissements nécessaires...

Sur le premier point, l'Europe devra d'abord définir un cadre réglementaire précis quant à la sécurisation des données ou encore l'interopérabilité d'un prestataire cloud à un autre. En terme d'investissement, tous les segments sont concernés, des infrastructures aux couches logicielles applicatives. En terme d'Internet des objets, cela passe essentiellement par le remplacement progressif des code-barres actuels par des puces à radiofréquences RFID. Tout cela passera bien évidemment par une politique active de recherche et d'innovation. En effet si en 2007, le montant des crédits budgétaires publics de recherche et développement (CBPRD) était de 5,7 milliards dans le secteur des TIC, il est prévu qu'il soit doublé, donc porté à 11 milliards d'euros d'ici à 2020. En ce qui concerne le marché du commerce en ligne, l'objectif est que d'ici à 2015, 33 % des PME effectuent des achats ou des ventes en ligne.

...Pour rester compétitif

Si l'on prend comme point de référence le début de l'année 2008, c'est-à-dire avant la crise, elles n'étaient que 12 % à vendre sur la Toile. "La France a un rôle clé à jouer dans ces défis puisque la croissance est avant tout tirée par le progrès technique, c'est-à-dire la R&D dont découlera ensuite l'innovation", souligne à L'Atelier Clément Schaff, économiste et chef de projet qui a participé à un autre rapport du Centre, France 2030 : cinq scénarios de croissance. A noter que, à l'échelle européenne, la situation est cependant loin d'être catastrophique : d'après le rapport remis en mai 2011, il faut garder à l'esprit que les technologies de l'information et de la communication (TIC) représentent déjà un chiffre d'affaire annuel de l'ordre de 660 milliards d'euros soit 5 % du produit intérieur brut (PIB) européen.