L'institut a mis au point un modèle théorique pour étudier les effets de deux nouvelles formes de tarification des contenus : les ''frais parallèles'' et la segmentation en fonction de l'usage (navigation, ou partage en P2P).

En mettant mathématiquement à l'épreuve divers scénarii, il est possible de déterminer l'impact financier éventuel d'une régulation du Net (ou à tout le moins des contenus qui sont diffusés sur le réseau), expliquent des chercheurs de l'INRIA (l'institut national de recherche en informatique et en automatique). Ceux-ci proposent un modèle* qui permet de tirer quelques conclusions théoriques, dans deux cas spécifiques, où de nouvelles formes de tarification des contenus en ligne seraient appliquées. Tout d'abord, les scientifiques ont étudié la mise en place de "frais parallèles" (side payments), où les fournisseurs d'accès (FAI) feraient payer aux fournisseurs de contenus (Google, ou Dailymotion, par exemple) des frais de bande passante.
L'effet paradoxal des "frais parallèles"
"Ou, à l'inverse, les fournisseurs de contenus faisant payer les FAI, pour rémunérer les droits d'auteur, par exemple", précise à L'Atelier Stéphane Caron, l'un des chercheurs. Résultat : selon les calculs effectués, l'instauration de ces "frais parallèles" a un effet paradoxal sur les revenus des fournisseurs. Ces derniers connaissent en effet une baisse de revenus sur le long terme. "La dynamique du marché modélisée les obligera à baisser leurs prix", explique le scientifique. Les comportements des consommateurs jouant un rôle déterminant dans l'évolution du marché.
Tarifier en fonction de l'usage
Le second cas de figure étudié concerne la segmentation tarifaire du réseau en fonction de l'usage qui en est fait. C'est-à-dire "une situation où les FAI seraient autorisés à mettre en place une tarification différente entre la navigation web et le partage de fichiers en peer-to-peer (pair à pair)". Cette fois, la configuration pourrait être - selon le modèle théorique élaboré par les scientifiques - à l'avantage des fournisseurs. "Les FAI pourraient avoir intérêt à tarifier leur trafic en fonction des applications (navigation web, P2P, VoIP, etc.)", souligne Stéphane Caron. Même si, note-t-il, une telle pratique serait clairement défavorable aux ayant droits rémunérés par le partage de fichiers.
* Présenté dans leur étude : "application neutrality and a paradox of side payments"