Le designer John Underkoffler transpose dans l’espace de travail, l’UI vue dans le film Minority Report, quinze ans après. Son motto ? La collaboration.

L’interface de Minority Report arrive dans les espaces de travail

Un homme est entouré d’une toile d’objets ou documents virtuels. De ses mains gantées, il les modifie et déplace à l’envi. Voilà une interface qui a inspiré toute une génération de designers de l’expérience utilisateur. Nous sommes en 2002 quand le concept naît dans la tête de John Underkoffler, pour les besoins du film Minority Report de Steven Spielberg. « A l’époque, ce que j’avais imaginé, était un prototype assez conceptuel. Le système montré à l’écran n’existait pas vraiment. Tout était très chorégraphié et basé sur des effets visuels sophistiqués. »

 

 

Près de 15 ans plus tard, cette même interface est réelle. Et c’est dans les locaux de PwC, à Neuilly-sur-Seine, et donc dans l’univers du travail, qu’on peut en voir la première interprétation.

Cet espace, la Delta Room consiste en une large pièce dotée de fauteuils, de tables hautes et système de visioconférence, de son et de projection dernier cri. Sur les murs, un tableau blanc, et six écrans connectés ; au plafond, une bardée de capteurs à technologie ultrason. Underkoffler, désormais à la tête d’Oblong Industries, a mis au point la technologie utilisée dans cette salle : MezzanineTM. Et à partir de ces écrans et du smartphone, ordinateurs ou tablettes, et grâce à un réseau wifi dédié, le collaborateur pourra partager ses documents, qu’ils soient des présentations ou multimedia, les modifier à partir d’une télécommande, et les soumettre à la collaboration de tout autre. Si la technologie en elle-même semble sophistiquée, elle sert une idée simple : encourager la collaboration et la créativité.

 

 

« C’est le futur nécessaire du travail. Avec MezzanineTM, je souhaite faire en sorte que les gens collaborent entre eux, que les gens arrivent à accoucher de leurs idées, grâce à un espace de travail interactif, qui va les aider à prendre plus rapidement et plus efficacement leurs décisions,» explique Underkoffler. « Depuis 30-35 ans, les êtres humains ont conçu des ordinateurs de sorte qu’ils ne servent qu’une personne. J’ai réalisé qu’il manquait une grosse brique dans la manière d’envisager l’informatique. Et cette part, c’est la collaboration ! »

Les utilisateurs de la pièce peuvent dessiner, projeter, composer leur projet ensemble. Et si cette manière de travailler est courante dans le monde physique, à savoir de réaliser plein d’actions ou activités, en même temps, ce n’était pas le cas dans le monde digital. Ça l’est désormais.

Et demain ? D’ici peu, MezzanineTM pourrait faire son incursion dans le secteur de la santé. « Travailler de manière collaborative est cruciale. Qu’un seul médecin statue sur les données d’un patient ne va pas ! On a besoin que plusieurs cerveaux humains s’y penchent, et facilement. Il faut qu’ils puissent tous voir, en discuter, dresser un diagnostic, et enfin prendre des décisions ensemble. »

 

Retrouvez l'entretien de John Underkoffler, dans son intégralité, dans L'Atelier numérique !

 

Rédigé par Lila Meghraoua
Journaliste/Productrice radio