Les secteurs des télécommunications et de la TV numérique sont très dynamiques dans le pays. Notamment parce qu'ils répondent à des besoins de communication et d'accès à des services.

"La mobilité et la TV numérique font partie des grandes tendances au Brésil"

Entretien avec Didier Dabin, conseiller export – Ubifrance Brésil, à l'occasion des Rencontres Internationales du Numérique, qui se tiennent jusqu'au 21 octobre à Paris.

L'Atelier : Quels sont les secteurs les plus dynamiques dans le secteur high-tech brésilien ?

Didier Darbin : Incontestablement le portable et la mobilité. On compte 224 millions de mobiles pour une population de 196 millions de personnes. Plus de 31 millions sont déjà équipées d'appareils 3G, et le nombre de smartphones croît de manière exponentielle. Les opportunités sont importantes, d'autant que les premières licences 4G devraient être attribuées dès avril 2012. Les gens sont friands de services. Quelque chose qui marche beaucoup par exemple, c'est la vente à distance, par Internet ou par mobile. Tout s'achète, comme les médicaments. La pharmacie Onofre propose ainsi une application iPhone et Android de vente. Un autre marché important est celui de la TV numérique, qui permettra notamment la création de services à distance – par exemple financiers et commerciaux – pour les ménages qui n'ont pas Internet ou de téléphone évolué. Et ils sont nombreux.

Cet essor de la TV numérique est donc porté par des usages et des besoins locaux. Existe t-il d'autres secteurs high-tech qui ont connu une croissance forte parce qu'ils répondaient à un problème existant ?

Oui, celui de la virtualisation et de la dématérialisation. En fait, pour lutter contre la corruption, pour faire baisser les prix et accroître la compétition, le gouvernement a misé sur ces chantiers. Aujourd'hui, la signature numérique est très répandue. Elle est utilisée par les entreprises. Toutes les procédures d'appels d'offres dans le secteur public se font aussi désormais par Internet, sur le principe des enchères inversées. Sans le web, il était en effet difficile de gérer équitablement le très grand nombre d'appels. Et le principe d'enchères adopté permet de connaître exactement le montant de la dernière enchère proposée. Là encore, les entreprises privées s'y mettent aussi, pour connaître par exemple l'ensemble des fournisseurs potentiels, les mettre en compétition, virtualiser leurs procédures...

Le secteur semble donc à chaque fois stimulé par un besoin de départ qui facilite la création de nouveaux marchés...

Oui, cela s'est aussi vu dans le secteur de la sécurité, notamment pour le transport. Le territoire est très grand, et les vols nombreux. L'Etat a donc rendu obligatoire un système antivol de suivi de véhicules GPS/GPRS. Cela a stimulé l'innovation, la création de services innovants et la coopération entre constructeurs, équipementiers et fournisseurs. Et la tâche n'était pas facile, puisqu'il fallait mettre au point une solution ouverte multi-opérateurs.

Et qu'en est-il du financement de l'innovation ?

Le secteur de la recherche et du développement est encore mené à 70 % par l'Etat. Particulièrement dans la recherche fondamentale et les projets à long terme. Mais les entreprises privées sont de plus en plus actives. Notamment parce que l'Etat offre des réductions fiscales aux compagnies qui investissent dans la recherche sur le principe deux tiers/un tiers. C'est-à-dire que les deux tiers des financements doivent servir à des projets internes et un tiers être injectés dans un institut. Les projets menés sont plutôt sur une échelle plus courte, ils visent à améliorer les produits de la société, à assurer sa croissance.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media