Aider les robots, contrôler l’Internet des objets… l’ambition des futures lunettes holographiques développées par Microsoft semble sans limite. Jusqu’à interroger le rôle même de la réalité augmentée.

Les lunettes holographiques, avenir de la robotique ?

Microsoft n’en finit pas de dévoiler de nouvelles applications pour son dispositif de lunettes connectées. Les HoloLens seraient désormais en passe d’aider la robotique. C’est en tout cas ce qu’a dévoilé il y a peu Alex Kipman, un ingénieur de Microsoft, lors d’une conférence à San Francisco. En fait de robotique, il s’agit d’abord des robots « faits maison » par les amateurs de la discipline.

 

L’idée est d’exploiter les données recueillies par les lunettes connectées (en matière d’obstacles, de relief et d’environnement) pour les transmettre au robot. Ce dernier n’aurait ainsi plus besoin de capteurs puissants pour se déplacer dans l’espace. À l’inverse les données du robot sont transmises aux lunettes pour que l’utilisateur les visualise immédiatement sans avoir besoin de mettre en place un écran très cher par exemple. On aurait donc affaire à une extension virtuelle du robot physique comme le montre la démonstration de Microsoft. Mais par-delà la robotique « bricolées », les applications pour les fabricants sont immenses.

Les robots pris en main par les « hologrammes »

À l’image du petit robot mis au point par l’équipe d’HoloLens, d’autres objets connectés pourraient exploiter le potentiel des lunettes de réalité augmentée. L’appareil fonctionnerait ainsi comme un centre de contrôle et un transmetteur/récepteur de données. Car même si l’application présentée semble concerner d’abord les amateurs de robotique, les plus gros fabricants pourraient largement exploiter une telle innovation. Les lunettes permettent en effet de visualiser les mouvements que va effectuer  le robot avant qu’il ne les fasse. « HoloLens aident les développeurs à mieux comprendre les robot dans n’importe quel scénario à n’importe quelle échelle » assure la collègue d’Alex Kipman dans la keynote. Une application qui pourrait être très utile pour l’industrie automobile par exemple selon Microsoft.

Les HoloLens veulent interagir avec les objets du monde réel, jusqu’à les rendre dépendants.
 

Le lien entre monde réel et monde du software au cœur des réflexions

Au finale c’est toute l’interaction entre monde physique et monde virtuel qu’interroge Microsoft. Car le géant de l’informatique veut rendre les objets réels entièrement dépendants de son dispositif de réalité augmentée. On ne pourrait ainsi plus utiliser les robots sans HoloLens. C’est à nouveau le problème auquel font face ces technologies : interagir avec le monde réel et notamment avec l’Internet des objets. Entre dépendance et complémentarité, les fabricants hésitent. Le concurrent principal de Microsoft dans le domaine, Magic Leap, ne s’est d’ailleurs pas encore positionné sur le sujet mais nul doute que la start-up dévoilera d’ici peu de nouvelles applications. La réalité augmentée semble donc faire face au même problème qui s’était posé pour la réalité virtuelle : entre affronter le monde ou le fuir, exploiter les objets physiques existants ou les transformer pour les rendre dépendants.

Rédigé par Guillaume Scifo