Philips et Lucent ont annoncé hier la dissolution de leur joint-venture Philips Consumer Communications (PCC) à dater du 25 septembre. Selon les estimations des analystes, cette société, créée il y...

Philips et Lucent ont annoncé hier la dissolution de leur joint-venture Philips Consumer Communications (PCC) à dater du 25 septembre. Selon les estimations des analystes, cette société, créée il y a un an, a accumulé des pertes de près de 1 milliard de florins (environ 2,9 milliards de F). Lucent va céder les 40 % détenus dans le joint-venture . Cor Boonstra, président de Philips, a déclaré “s’il est clair que les performances du joint-venture ont été décevantes pour les deux partenaires, nous avons l’intention de rester dans cette activité, du fait de son importance en termes stratégiques. PCC a un lien naturel avec nos autres produits grand public, tandis qu’elle nous donne la capacité dont nous avons besoin pour créer les futurs produits numériques. En outre, les communications grand public sont un marché à forte croissance. Nous avons la marque, le savoir-faire et la technologie pour devenir un acteur de poids”. Par ailleurs, Cor Boonstra ne s’est guère gêné pour mettre en cause Lucent “nous étions sur le point de réaliser notre objectif d’équilibre fin 1997 quand nous avons décidé de nous allier à Lucent. L’américain devait nous apporter son réseau de ventes et sa technologie. L’idée était de mettre sur le marché dès le mois de mais suivant les nouveaux produits répondant à la norme CDMA. Cela ne s’est fait qu’en décembre, car le producteur de puces était en retard” (ce producteur était Lucent). Philips va dans un premier temps récupérer ses 5 000 salariés actuellement dans le joint-venture, puis concentrera par la suite les activités “sur la norme GSM hors Etats-Unis et hors radiomessagerie”. La production de “pager” sera par ailleurs “arrêtée ou vendue”. Enfin, Philips va “réduire substantiellement” le nombre de ses effectifs (les chiffres sont attendus le mois prochain). Paris accueillera le nouveau siège de PCC.

Concernant le développement des téléphones de troisième génération, Philips va continuer le développement dans son centre de Fremont en Californie et conclure un partenariat technologique.

Ne détenant actuellement qu’une part de 6 % du marché des GSM, Cor Boonstra ne vise plus une place dans le trio de tête, mais considère l’objectif de compter, à terme, parmi les cinq premiers producteurs mondiaux, comme “honorable”. (Les Echos Le Figaro La Tribune 23/10/1998)