Inspirée par le célèbre incubateur californien Y Combinator, une newsletter permet aux investisseurs de souffler leurs idées de projets aux entrepreneurs.

Dans quelle mesure les investisseurs peuvent-ils influencer la création de start-ups ?

Trouver une idée de start-up n’est pas un exercice difficile en soi pour qui a la fibre entrepreneuriale. Les entrepreneurs en ont généralement plus d’une seule dans leur besace. Mais une fois l’entreprise créée, reste l’exécution : trouver son équipe, lever de l’argent pour la financer… Et c’est sans compter les itérations que devra réaliser l’équipe avant de taper « juste » : développer et faire pivoter son produit jusqu’à ce que le « time to market » soit le plus propice possible. De grandes tendances entrepreneuriales se dessinent aujourd’hui et lz barrière à l’entrée est de plus en plus petite : santé connectée, divertissement, services financiers, éducation … Or, les produits développés ne sont pas forcément ajustés aux attentes des consommateurs ou ne résolvent tout simplement pas un « problème ». La newsletter nommée Requests For Startups, insufflée par le YCombinator souhaite inverser la problématique. Ce sont donc  les entreprises de Capital Ventures et business angels qui déposent les idées de start-ups qu’ils aimeraient bien voir naître chez les nouveaux entrepreneurs. 

« Des idées de start-ups que l’on attend depuis des années »

Pourquoi ne pas mettre en adéquation idées et volonté ? De telle façon que les entrepreneurs s’attaquent à des secteurs dont le besoin d’innovation et de disruption est fort. Pour Requests For Startups, l’objectif est  de stimuler les entrepreneurs en leur envoyant leurs requêtes. Et les investisseurs de préciser aux entrepreneurs : « vous ne devez créer une start-up seulement parce qu’une idée se trouve sur la liste ». Car c’est précisément une liste que le YCombinator fournit avec les grandes tendances technologiques où il souhaite voir de nouvelles entreprises se créer. Pour l’heure, cette liste comporte 22 domaines dont parmi lesquels des tendances : l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle, le transport et le logement, la robotique…  Dans le domaine de l’énergie par exemple, les investisseurs soulignent la nécessité de réduire les coûts et de garantir une meilleure maîtrise des ressources (grâce au stockage d’énergie dans des batteries notamment). 

Le YCombinator recherche alors surtout dans ces domaines des améliorations technologiques pures susceptibles de faire avancer au fur et à mesure les innovations du secteur. A l’inverse, d’autres domaines sont déclarés comme des tendances affirmées, à l’instar la réalité augmentée et la réalité virtuelle, où la direction du marché n’est pas encore claire. Et les investisseurs attendent simplement de nouveaux produits test. 

« Les meilleurs idées restent celles qui nous surprennent » 

Le but de cette initiative n’est bien sûr pas de brimer la créativité des entrepreneurs, mais plutôt de l’orienter afin qu’ils réfléchissent sur de nouvelles idées. Et l’objectif n’est donc pas non plus d’assurer à un entrepreneur qui se lance dans un de ces domaines d’être financé par les investisseurs qui lui ont soufflé l’idée : « nous n’accepterons pas d’incuber que plus d’une fraction des ces start-ups, car les meilleurs idées sont celles qui nous surprennent ». C’est en effet le principe même de la disruption, une idée imprévisible qui vient bouleverser un marché. C’est à côté de cela que l’investisseur ne veut surtout pas passer. Par cette initiative, les investisseurs parient sur l’équipe d’une start-up passionnée par un de ces domaines plutôt que d’une multitude de candidatures. Récemment apparu sur le célèbre site Product Hunt (start-up faisant partie du lot 2014-2015 du YCombinator), Requests for Startup a récolté de nombreux votes favorables. 

Au-delà des investisseurs, des entreprises ont d’ailleurs déjà formulé leurs premières requêtes. Investisseurs et entreprises deviennent alors davantage proactifs. Cela permet aussi aux entrepreneurs de trouver les fonds les plus adaptés pour financer leur jeune pousse. Le très célèbre fond d’investissement Andreessen Horowitz a d’ailleurs sorti sa propre liste. Le site réfléchit d’ailleurs à ouvrir ces requêtes à des influenceurs et à d’autres personnes car l’écosystème des start-ups doit fonctionner selon la logique de « push » (Product Hunt)  et « pull» (Requests for Startups).

Rédigé par Arthur de Villemandy