L’Idate et le cabinet de Pardieu Brocas Maffei leygonie ont réalisé, à la demande de l’ART une étude intitulée « la migration vers l’IPV6 ». La version du protocole IP utilisée actuellement ...

L’Idate et le cabinet de Pardieu Brocas Maffei leygonie ont réalisé, à la demande de l’ART une étude intitulée « la migration vers l’IPV6 ». La version du protocole IP utilisée actuellement sur Internet, Ipv4, a été élaborée il y a une vingtaine d’années. Sa principale faiblesse réside dans son espace d’adressage. En effet, dans IPv4, une adresse est définie sur 32 bits seulement. Le succès grandissant d’Internet et l’accélération de la consommation d’adresses IP, font craindre une pénurie d’adresses IP d’ici 2010. Elaboré par l’IETF au milieu des années 90, IPv6 est la prochaine version du protocole IP. Ipv6 améliore, en premier lieu, les capacités d’adressage d’IPv4 en allouant 128 bits au lieu de 32 aux adresses IP, ce qui ouvre un réservoir quasi infini d’adresses IP. Les équipementiers télécoms fournissent les matériels permettant l’acheminement des données sur les réseaux IP. Il s’agit principalement des routeurs. Ceux-ci sont conçus actuellement pour acheminer les paquets de données en utilisant le protocole IPv4. L’utilisation d’IPv6 nécessite en premier lieu une mise à niveau de ces infrastructures de routage. Le système d’exploitation OS sur le marché de l’informatique grand public rend possible l’utilisation d’IPv6. Les produits Microsoft sont sur le point d’être prêts pour IPv6. D’ici fin 2002, Windows XP, déjà prêt, présentera IPv6 par défaut. Les autres produits Windows seront prêts avant la fin 2002. Les équipementiers leaders, spécialisés dans la mobilité, notamment les réseaux cellulaires, sont actifs dans le domaine d’IPv6 en Europe. Ericsson, propriétaire de Telebit, pionnier en matière de routeur IPv6, et Nokia proposent des gammes de routeurs compatibles pour IPv6. Les entreprises utilisatrices de réseaux d’entreprises IP ne ressentent pas nécessairement le besoin de passer à IPv6. L’ensemble des responsables informatiques estime, en effet, qu’il n’y a ni urgence, ni priorité. La priorité est à la pérennisation des investissements déjà réalisés sous IPv4. Parallèlement, certaines entreprises non utilisatrices d’IP, ou non orientées à l’origine vers les TIC, voient une opportunité dans IPv6. Au-delà de la pénurie d’adresses IPv4, d’autres facteurs déclencheurs de 1er rang se dégagent de cette étude : Les acteurs du secteur considèrent IPv6 comme une évolution à terme incontournable des réseaux mobiles. La version IPv6 apparaît comme un enjeu important pour les opérateurs de réseau mobile, même si, dans un premier temps, les systèmes mobiles GPRS et UMTS exploitent IPv4. L’utilisation des technologies WLAN sur les réseaux publics pourrait accélérer l’arrivée de Mobile IPv6. A ce niveau, l’attitude des autorités de réglementation sera déterminante. D’autres moteurs de la migration vers IPv6 apparaissent également : les accès hauts débit consommateurs d’adresses permanentes, l’électronique connectée : levier de développement pour IPv6 unanimement reconnu, l’adressage global d’un réseau de capteurs : source de consommation en adresses IP. La cohabitation entre les deux standards risque d’être longue. Selon les estimations, il faudra au moins une dizaine d’années à partir des premiers déploiements IPv6 pour qu’IPv6 devienne majoritaire. Le rythme d’entrée des différentes régions du monde sera assez différent. D’ici 2003, l’Asie avec le Japon et la Corée devrait connaître un décollage significatif du marché IPv6. Le déploiement d’IPv6 interviendra en grande partie dans un cadre réglementaire rénové, au plus tard à la mi 2003. La Commission Européenne a publié le 21 mars 2002 une communication sur l’Internet nouvelle génération, proposant des priorités d’actions dans la migration vers le nouveau protocole IPv6. Par ailleurs, l’arrivée d’IPv6 peut remettre en cause l’hégémonie américaine dans la gestion du DNS mondial. Les décisions à venir concernant la mise en place de DNS racine seront à ce titre cruciales. L’Asie et l’Europe, disposant de serveurs DNS à un niveau national, doivent, dès à présent, se positionner sur ces questions. Cette étude à mis en évidence plusieurs enjeux pour la régulation. Notamment, l’arrivée d’IPv6 pourrait conduire à intensifier la concurrence sur les marchés existants liés à l’accès Internet, ainsi qu’à l’apparition de goulets d’étranglement, notamment via les systèmes d’exploitation ou, en fin de déploiement, au niveau des backbones IP. (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 15/07/2002)