Qu'ils soient de taille internationale ou locale, tous les opérateurs de télécommunications achètent et vendent des minutes de télécommunications à leurs concurrents suivant leurs besoins de capac...

Qu'ils soient de taille internationale ou locale, tous les opérateurs de télécommunications achètent et vendent des minutes de télécommunications à leurs concurrents suivant leurs besoins de capacité vers telle ou telle destination. Il existe même des endroits spécifiques où les opérateurs négocient leur "marchandise". Ainsi, sur 1 000 m2 au centre de Paris, la société Telehouse héberge des machines appartenant à la plupart des opérateurs présents en France. Connectées entre elles, ces machines s'échangent des minutes. Directeur de Telehouse France, James Shibduth, précise "en se regroupant sur un même plateau, les opérateurs évitent d'installer des lignes téléphoniques spécialisées entre eux, ce qui est très coûteux". Hébergeant également des machines, une autre société, Executive Telecom joue aussi le rôle d'acheteur "en gros" de minutes pour le compte des clients qu'elle abrite. Son président, Pierre-José Billotte explique "ce marché est apparu il y a cinq ans avec la déréglementation internationale et s'est étendu aux communications longues distances (hors département) en France depuis le 1er janvier 1998". Selon lui, en 1999 les quantités et les destinations devraient se standardiser. Alors qu'aujourd'hui, seule la variable du prix est prise en considération, la notion de qualité des communications devrait prendre de plus en plus d'importance. Un nouveau venu dans le secteur, Finacor, courtier en produits financiers, a lancé en janvier 1999 une nouvelle activité baptisée Finphone, spécialisée dans le courtage de minutes téléphoniques. Elle intervient dans la négociation de liaisons louées et le courtage de minutes de communications. Le responsable de cette activité, Alain Beluche reconnaît que ce marché est encore difficile d'accès "actuellement, il est entre les mains d'opérateurs de télécommunications, de grossistes ou de vendeurs de cartes prépayées. Tous ces intervenants se livrent à une concurrence féroce qui conduit à une baisse continuelle des tarifs. Il n'y a pas encore de contrats standards, ni de produits dérivés pour acheter à terme de la capacité téléphonique et ainsi spéculer à la hausse ou à la baisse des prix". (Le Monde - 13/04/1999)