Pionnière dans le mobile, l’Europe semble désormais à la traine dans l’offre de services de ce secteur nécessaire à la croissance.

Mobile : l’Europe à la croisée des chemins

L’Europe bénéficie de piliers solides dans le domaine du mobile. En effet, une étude conduite par le GSMA indique que le taux de pénétration unique d’abonnés culmine à 79% soit le record mondial. Néanmoins, la zone est la seule à avoir vu les revenus issus du mobile décliner. De 162 milliards d’euros en 2010, le chiffre d’affaires du secteur est tombé à 151 milliards en 2012.  La conséquence directe ? Un retard aujourd’hui clairement visible dans le déploiement des technologies mobiles de nouvelle génération. Pour remédier à cela et étendre la portée de son influence dans les secteurs clés de l’industrie, un programme européen a été mis en place pour « une vie connectée ».

La création d’une « Europe connectée » à l’horizon 2020.

Pour ce faire, une approche paneuropéenne coordonnée à la libération du spectre des fréquences a été initiée. Ainsi, l'UE a indiqué qu'un total de 1200 MHz supplémentaires devrait être alloué au mobile en 2015 pour répondre à la croissance attendue du trafic de données. Par ailleurs, certains domaines clés tant politiques que réglementaires ont été abordés. La réduction des obstacles à la consolidation du secteur en est un exemple. Simplifier les fusions et d'adopter une approche plus prudente à l'imposition de mesures correctives pourrait libérer le secteur.  De plus, les opérateurs mobiles vont se voir offrir un cadre réglementaire plus souple afin de créer de nouveaux modèles et de leur permettre d’innover et d’adapter leurs produits à la volonté du consommateur.

Encourager l’innovation et favoriser la confiance du consommateur

Enfin, l’Europe doit travailler sur les problématiques de fraude, de spam et de confidentialité afin de soumettre aux consommateurs des règles uniformes et applicables dans une optique de transparence. Mais l’étude souligne toutefois que malgré ses difficultés actuelles, le mobile semble être un moteur à la relance de la croissance. Avec à son actif 2,1% du PIB de l’Union Européenne et 394 000 emplois directs, le secteur s’avère stratégique.  Et ce, même si fin 2012, la technologie LTE n’équipait que 0,3 % des appareils en Europe, contre 11 % aux États-Unis et 28 % en Corée du Sud. "L'Europe a longtemps été considéré comme un pionnier dans le mobile, mais (…) elle est désormais à la traîne dans le déploiement du haut débit mobile » affirme Anne Bouverot, directrice générale de la GSMA.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste