La première société de téléphonie mobile afghane est en pleine expansion. Cette croissance traduit l'engouement pour le mobile dans un pays encore confronté quotidiennement à la violence...

La première société de téléphonie mobile afghane est en pleine expansion. Cette croissance traduit l'engouement pour le mobile dans un pays encore confronté quotidiennement à la violence.
 
Le téléphone portable comme arme de résistance? La Telecom Development Company Afghanistan Ltd, baptisée également Roshan ("lumière" en dari, l'une des langues locales), réalise pour la première des bénéfices depuis son lancement il y a quatre ans.
 
100 000 nouveaux clients par mois
 
"En terme de pénétration, il s'agit aujourd'hui du marché dont la croissance est la plus rapide au monde", explique Altaf Ladak, le directeur britannique de Roshan. En effet, si seulement 8% des Afghans possèdent un téléphone portable, le marché croît de 100 000 clients chaque mois.
 
Principaux atouts du mobile dans cette zone secouée par la violence: alors que la plupart des 1,3 million de clients de la société ne savent ni lire ni écrire, le mobile représente un formidable outil de communication. D'autant que Roshan, conscient de cette réalité, a mis en place un système de pictogrammes pour échanger par écrit des informations de base.
 
Des menaces permanentes
 
Mais en marge de cette croissance, la société - qui a réalisé un chiffre d'affaires de 150 millions de dollars en 2005 - doit faire face aux menaces des Talibans. Ainsi, plusieurs d'entre eux auraient menacé en mai de faire sauter les tours de communication de Roshan, pour avoir fourni leurs numéros de téléphones aux militaires américains et afghans.
 
Et les employés doivent prendre quotidiennement certaines précautions contre des explosions de mines et les enlèvements. Sur ce sujet, Altaf Ladak est plutôt optimiste. "Heureusement, nous n'avons perdu aucun membre de notre personnel, même si, il y a un an et demi, un sous-traitant a été tué. Mais c'était quelqu'un qui ne respectait pas les règles de sécurité", précise-t-il. Reste que travailler dans les télécommunications demeure un métier dangereux...

 
(Atelier groupe BNP Paribas – 15/06/2007)