Les services OTT sont au coeur des tendances majeures soulevées par le dernier DigitalYearBook 2014 d’IDATE et l’un des défis majeurs pour les télécoms.

Le modèle économique des télécoms doit se réinventer

D'ici une dizaine d'années, il est fort probable que la fibre soit massivement utilisée ainsi que la 5G. L"Internet des Objets",en plein essor, reposera sur ces infrastructures. Des capteurs devraient être installés dans les villes pour les milliards d'objets connectés qui seront alors en circulation... Autant de tendances observées par l’Idate dans son dernier rapport, Digital Yearbook 2014. Quant aux défis, l’Idate insiste sur le partage impératif des réseaux d'accès entre les différents acteurs. A condition de résoudre des problématiques d'ordre réglementaire. Un voeu pieu, à en croire le rapport. Et pourtant, la Commission européenne encourage les acteurs télécoms à construire un marché unique; ce qui favorisera les investissements dans des infrastructures de nouvelles générations. Mais les opérateurs restent encore frileux. Avant de penser marché unique, encor faut-il mettre un terme à la guerre des prix qui fait rage. D'après Frédéric Pujol, responsable du pôle technologies radio et spectre chez Idate, cette situation empêche de réinventer le modèle économique des télécoms alors que la montée en puissances des acteurs Over-The-Top (OTT) l'impose.


Une industrie en pleine effervescence

Avec une croissance en 2013 de 20,8% par rapport à l'année précédente, l'industrie des services internet s'avère en effet très prometteuse. Les services internet en mode OTT connaissent une progression fulminante, avec 221,3 milliards d'euros de revenus en 2013 au niveau mondial. D'après le rapport, ce chiffre devrait presque doubler d’ici trois ans pour atteindre près de 402 milliards d’euros, soit une croissance annuelle moyenne de 16,1% par an contre à peine 3% pour les télécoms dans la même période. Ainsi, applications et contenus mobiles, e-commerce, moteurs de recherche et bien sûr le cloud sont les quatre contributeurs majeurs générateurs de revenus pour les services internet (69% des revenus). Cette dynamique est portée sans trop d'étonnement par l'Amérique du Nord, très en pointe sur le cloud, la SVOD et la publicité. La zone Asie/Pacifique participe également à cette dynamique mais plus grâce aux services payants : jeux, mobile, réseaux sociaux. L'Europe arrive juste derrière en troisième position; “Elle n’a ni vraiment la possibilité, souligne le rapport, de faire état d’un marché unique, ni les champions du logiciel ou de la télévision”. Une situation qui l’empêche d’avoir des acteur du web suffisamment majeurs. Sans que cela freine la progression des contenus numériques.

De nouveaux intermédiaires

La dématérialisation des contenus poursuit en effet sa conquête avec des niveaux d’évolution très distincts selon les industries. Par exemple, en 2013, au niveau mondial, plus de la moitié (51,4%) des revenus du marché du jeu vidéo sont issus des ventes numériques via smartphones, ordinateurs et autres supports connectés. A l’inverse, le livre suit une progression bien plus lente. En Europe, la ventes d'ouvrages numériques ne représente que 4,5% des ventes en 2013 mais devrait dépasser les 20% d'ici 3 ans grâce à aux tablettes numériques. La lutte entre marché physique et numérique semble enfin s'apaiser et le marché se reconstruit. Des intermédiaires sautent mais de nouveaux surgissent aux fonctions plus élargies que celles des distributeurs traditionnels. Ces nouveaux intermédiaires créent de nouvelles opportunités de distribution directe pour les services. C’est le cas notamment des agrégateurs de contenus qui peuvent ainsi distribuer eux-mêmes leurs contenus. C’est notamment le cas de Spotify ou de Netflix qui s’auto-distribuent . De leur côté, les opérateurs de réseaux cherchent ainsi à faire levier de leur portefeuille de clients pour prendre ou conserver le contrôle de la distribution des contenus. Sauf que cela réclame d’importants investissements, difficiles à amortir. “Déjà les plus petits opérateurs semblent arriver à la conclusion qu’ils n’ont pas la taille critique pour s’ériger comme distributeurs de contenus”, lit-on dans le rapport. D’où leur alliance avec des éditeurs de services internets.

 
Rédigé par Kenza ADEÏDA
Journaliste