Beaucoup d'études se livrent à l'analyse de l'économie des pays émergents, prenant en compte l'impact du numérique sur leur succès. McKinsey en donne l'exemple avec la Birmanie.

Le numérique soutient l'essor économique de la Birmanie

Le numérique serait l'une des clefs de la réussite économique de la République de l'Union du Myanmar dans les quinze prochaines années, si l'on en croit un rapport d'étude du McKinsey Global Institute de juin 2013. La publication de ce document intervient après la tenue du World Economic Forum, les 5 et 7 juin derniers à Naypyidaw, la capitale du pays, et de la prise en compte par la compagnie McKinsey du rôle important que pourrait jouer ce pays émergent d'ici 2030. En effet, avec la levée de l'embargo économique suite à la fin de la junte militaire dans le pays, la Birmanie, qui est encore l'un des pays les plus pauvres de cette région de l'Asie, posséderait aujourd'hui tous les moyens de se renouveler économiquement et de quadrupler, d'ici quinze ans, son produit intérieur brut. Cette transformation demande d'une part de surpasser certaines barrières qui sont encore aujourd'hui présentes dans le pays, et d'autre part d'amorcer un virage économique qui prendrait en compte les possibilités permises par l'avènement du numérique.

Des bénéfices pour le secteur public

Selon les auteurs de l'étude, l'exemple du Myanmar est analogue à certains pays émergents africains qui possèdent, eux aussi, les ressources nécessaires pour accroître leur économie. Selon l'étude, le numérique permettrait à la Birmanie d'atteindre un taux de croissance de 8% par an, et il serait un levier dans de nombreux secteurs, et en particulier dans l'éducation.Car en effet, le pays possède une très large population estimée à 60 millions de personnes en 2010, pourtant, la durée de scolarisation moyenne au Myanmar est de quatre ans et il y a environ un enseignant pour trente élèves. Des moyennes donc assez basses que pourrait relever l'éducation numérique via l'utilisation des appareils mobiles. Meilleure éducation signifiant meilleur essor économique, les auteurs de l'étude exemplifient leur assertion par le cas du Pakistan où un projet gouvernemental dans la province du Punjab a permis aux femmes et aux filles de pratiquer leur lecture et leur écriture par l'envoi de SMS. De la même manière le Myanmar pourrait apprendre de l'expérience bénéfique des téléphones portables pour étendre ses services de santé : en Asie du Sud Est la World Health Organisation estime le ratio d'un professionnel de la santé pour 269 patients, il est de un pour 1700 en Birmanie.

Un secteur privé lui aussi avantagé

L'étude estime que le secteur des télécommunications emploiera dans le payx 240 000 personnes d'ici 2030, contribuant au PIB à hauteur de 6,4 milliards de dollars. La pénétration du téléphone portable, estimée à 3% en 2010, serait de 75% d'ici 2016 notamment grâce au prix des cartes SIM qui a drastiquement diminué en 2013. En effet, celles-ci se vendaient entre 25 et 30$ en février et ne valent plus que 2$ à la mi-avril, un effondrement des prix qui permettrait donc la plus grande pénétration des téléphones portables. Autre exemple d'un secteur qui bénéficierait des avantages du numérique : l'agriculture. Celle-ci représentait en 2010 44% du PIB du pays. S'il est vrai que les acteurs du secteur nécessitent aussi une meilleure infrastructure de travail, le numérique a aussi un rôle à jouer sur ce secteur. L'exemple du programme indien e-Choupal le prouve, pour les auteurs de l'étude. Ce projet créé une meilleure interactivité entre les fermiers grâce à la mise en place d'un portail commun. Ce site Internet leur livre des informations utiles comme les données météorologiques, la liste du prix des céréales ou encore les dernières techniques de semis. La maîtrise des outils informatiques, elle, est enseignée par des fermiers alphabétisés et respectés dans la région du programme.

 

Rédigé par Guillaume Parodi
Rédacteur