Alors qu'on annonce près de 80 milliards d'objets connectés d'ici à 2020, comment ceux-ci vont-ils changer le quotidien des salariés en entreprise ?

Les objets connectés, réellement au service du bien-être en entreprise ?

Un fauteuil intelligent capable d'adapter sa position à la posture de l'utilisateur et à ses caractéristiques (poids, taille...) pour lutter contre les maux de dos. Un ordinateur qui pourra quant à lui adapter sa luminosité à l'éclairage ambiant de l'espace de travail pour ne pas fatiguer les yeux du salarié. On peut aussi envisager une carte de cantine permettant au salarié de suivre son régime alimentaire et de l’alerter pour son bien-être alimentaire. Et dans le cas particulier des bracelets connectés, ceux-ci permettent déjà à plusieurs entreprises de suivre le nombre de pas de chacun des employés pour s'assurer qu'ils aient un niveau d'activité physique suffisant.

On connaissait déjà les Google Glass permettant de faciliter la communication entre employés, mais voilà que naissent des objets connectés visant à réduire le stress au travail et à maintenir les salariés en forme. Encore faut-il que la confiance et l’adhésion du salarié soit réellement au rendez-vous...

Un espace de travail connecté qui anticipe les besoins

Toutes ces pratiques visent en effet à réduire au maximum le stress et la fatigue de l'utilisateur pour lui permettre d'être détendu et donc plus efficace. Cette tendance est d'ailleurs en plein boom puisque 29% des entreprises anglaises et 63% des entreprises américaines utilisent déjà des objets connectés selon une étude de London Goldsmiths de 2014. Le rapport HCAW de la même année a quant à lui trouvé que l'usage des objets connectés augmentait la satisfaction au travail de 3,5%. L'entreprise américaine Appirio a d’ailleurs décidé d'essayer de réduire les coûts de sa mutuelle santé en 2013 en équipant les employés volontaires de bracelets qui traquent tous leurs déplacements et donc leur activité physique. Un an après, ils affichaient 5% d'économies soit près de 300 000  dollars. Cette initiative n'est pas un cas isolé, le patron de Fitbit affirme actuellement fournir 30 entreprises du Fortune 500 en bracelets connectés.

L'entreprise connectée, un système de pistage omniprésent

Dans le cas d’Appirio et Fitbit, un point noir pourrait se dessiner au tableau. Qu’en est-il des salariés qui ne souhaitent pas porter ces bracelets pour telle ou telle raison ? On peut se poser en effet la question d’une marginalisation de ceux-ci en cas de refus, voire même d’un désavantage en cas de promotion. Dans le cas de l'entreprise Cubist Pharmaceuticals, celle-ci est allée jusqu'à placer des capteurs sur les badges de ses salariés afin d'obtenir leurs informations relationnelles : à qui parlent-ils, combien de temps, avec quel ton de voix, etc... La raison officielle affichée par l'entreprise pour justifier cette pratique est de mieux comprendre le fonctionnement des équipes. Tous ces systèmes posent donc aussi la question du traitement des données, les équipes informatiques des entreprises vont devoir être formées pour savoir comment les utiliser et les protéger afin d'éviter des dérives.

Les directions métiers vont devoir aussi assurer une communication en toute transparence pour que les employés sachent ce qu'ils risquent s'ils refusent de jouer le jeu et dans quel cadre exactement leurs données seront enregistrées. Cela semble être le meilleur moyen de limiter le stress engendré par la prolifération des informations personnelles et de vraiment favoriser le bien-être des employés.

 
Rédigé par Constance Guyon
Journaliste / attachée de production