Samedi, le groupe italien de télécommunications Olivetti a lancé une OPA de 340 milliards de F (52 milliards d'euros) sur Telecom Italia. Immédiatement, cette OPA, la plus grande jamais lancée en ...

Samedi, le groupe italien de télécommunications Olivetti a lancé une OPA de 340 milliards de F (52 milliards d'euros) sur Telecom Italia. Immédiatement, cette OPA, la plus grande jamais lancée en Italie, s'est heurtée à l'hostilité de Franco Bernabè, le nouveau directeur général de Telecom Italia. Réalisant un chiffre d'affaires cinq fois plus élevé qu'Olivetti, Telecom Italia estime que pour l'instant les informations à sa disposition étaient "encore largement lacunaires". Réunis dimanche pour étudier une possible contre-attaque, de nombreux dirigeants de Telecom Italia se sont également interrogés sur l'apparente absence de stratégie industrielle derrière cette opération et sur le sort de la filiale Telecom Italia Mobile, numéro un européen de la téléphonie mobile. Selon un analyste financier de Milan "l'OPA ressemble aux grands LBO (acquisitions financées par des emprunts et des cessions d'actifs) américains des années 80", à la seule différence que le tiers de l'offre doit être financé par des actions et non par des obligations comme dans un LBO. L'OPA est soumise à l'obtention de 67 % au minimum du capital de Telecom Italia, soit 3,52 milliards d'actions. Devant encore recevoir l'aval de la Consob (Commission des opérations de bourse), le financement de l'opération ressemble à un complexe château de cartes. En effet, le préalable est la cession au groupe allemand Mannesmann des 51 % encore détenus par Olivetti dans OliMan, le holding contrôlant 48 % d'Omnitel, le second opérateur de téléphone mobile italien, et 100 % d'Infostrada, le nouveau venu dans la téléphonie fixe. En outre, Olivetti devrait opérer une recapitalisation d'environ 2,6 milliards d'euros et obtenir près de 20 milliards d'euros de financements bancaires. En revanche, pour conserver une majorité de contrôle, Olivertti ne céderait qu'une petite fraction du capital de TIM. Cette offensive, la première sur un opérateur "historique" européen, est toutefois loin d'être bouclée et pourrait donner lieu à une surenchère. (Le Figaro - 20/21/02 - Les Echos - Le Figaro - La Tribune - Libération - 22/02/1999)