Pour limiter les erreurs dans les transactions financières, l'application kenyanne propose de donner un cadre plus formel à celles-ci : les prêteurs pourront tenir leurs comptes, et les emprunteurs consulter l'historique.

Dans les pays émergents, plus de 4 milliards d'individus n'ont pas accès à des services financiers sécurisés et abordables. Du coup, quand il leur est nécessaire de demander un prêt, et cela concerne aussi bien des petites entreprises que les particuliers, ils se tournent en général vers des organismes locaux non-officiels. « Or ces derniers gardent des traces de leurs transactions parfois sur un simple papier » explique à L'Atelier Geoffrey Mimano, co-créateur de Chamapro. Cette plate-forme mobile, qui tire son nom de celui des chamas, organismes financiers informels au Kenya, va donc permettre à ceux-ci de tenir leurs comptes et à leurs débiteurs de savoir où ils en sont.

Gestion des flux et des personnes

Pour cela, les associations et autres organismes indépendants proposant ce genre de services auront simplement besoin de se créer un profil Chama (ou un pour chacun des prêteurs appartenant à l'organisme) sur la plate-forme androïd, ainsi que le profil des emprunteurs. Le site permet alors une gestion des flux financiers. Les Chamas ont seulement besoin de préciser la somme prêtée et les charges afférentes, et de tenir à jour au fur et à mesure les remboursements des emprunteurs. Ces sommes seront ensuite mémorisées dans l'historique personnel des Chamas et des emprunteurs. Sur le long terme, elle permettra même le remboursement par mobile. Autre fonction de la plate-forme : celle-ci proposera le management des différents prêteurs d'un même organisme.

Limiter les fraudes et les erreurs

Ainsi, Chamapro mettra à disposition des options de calendrier et de planification d’événements tels que des réunions, mais également des possibilités de votes entre les mêmes membres d'un organisme concernant des décisions importantes. De plus, l'accès à la plate-forme sera également autorisé aux emprunteurs afin qu'ils puissent voir où ils en sont dans leurs remboursements. « Car bien que les erreurs et les pertes de documents pénalisent les organismes prêteurs pour connaître quelles sont leurs capacités de prêt, elles handicapent également les emprunteurs » continue Geoffrey Mimano. Ceux-ci auront donc la possibilité de constater le bon déroulement des transactions, ce qui limitera sur le long terme les fraudes de la part d'organismes mal-intentionnés.