Six mois après l’ouverture du marché du téléphone à la concurrence, près d’une quinzaine d’opérateurs sont déjà agréés et ont commencé à mettre en place leur infrastructure. Ayant baissé considérab...

Six mois après l’ouverture du marché du téléphone à la concurrence, près d’une quinzaine d’opérateurs sont déjà agréés et ont commencé à mettre en place leur infrastructure. Ayant baissé considérablement ses tarifs l’an passé, France Télécom ne souffre pas pour l’instant de cette concurrence. Comme le reconnaît un analyste, Didier Pouillot “ce n’est pas vraiment une surprise, cela s’est passé ainsi dans tous les pays qui se sont ouverts à la concurrence. L’opérateur dominant, que ce soit en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, n’a jamais perdu d’un coup 20 % du marché. Il y a une grande inertie dans les télécoms et la bataille se joue sur le long terme”. Néanmoins, même si elle est encore peu présente, la concurrence est déjà là. Depuis le début de l’année, près de 50 candidats au total ont déposé une demande de licence d’opérateur téléphonique auprès de l’ART, visant pour la plupart la clientèle des entreprises “ce seul marché représente près de 40 milliards de F par an”. Toutefois, pour l’instant les entreprises n’ont pas encore basculé massivement et mettent à l’épreuve les nouveaux venus en ne leur confiant que des “miettes” de leurs besoins en télécoms. Rares sont les PME-PMI à avoir fait preuve d’infidélité à l’égard de France Télécom. Bien que les consommateurs doivent apprendre à se familiariser avec de nouveaux noms, peu de nouveaux services sont déjà disponibles. Pour l’heure, ayant obtenu leurs licences, les opérateurs déploient leur infrastructure, négocient avec France Télécom leurs contrats d’interconnexion, mais ne se précipitent pas, étant tous à la recherche de rentabilité. Leur notoriété ne pouvant que s’accroître sur un marché en forte croissance, ils devraient rapidement pouvoir gagner quelques parts de marché à un France Télécom toujours impérial pour l’instant. (Les Echos 01/07/1998)