Pour développer une infrastructure mondiale de réseau capable de supporter d'ici à dix ans plus de un milliard d'abonnés à Internet et leur garantir des vitesses de connexion sans commune mesure a...

Pour développer une infrastructure mondiale de réseau capable de supporter d'ici à dix ans plus de un milliard d'abonnés à Internet et leur garantir des vitesses de connexion sans commune mesure avec les débits actuels, les projets se multiplient aux Etats-Unis. Auteur de l'étude "Hauts débits dans les foyers" pour Forrester Research, Christopher Mines assure "une fois que les utilisateurs ont goûté à la grande vitesse sur le Net, ils ne peuvent plus s'en passer". Selon cette société d'études, 16 millions de foyers, uniquement aux Etats-Unis, seront connectés au réseau Internet avec un accès rapide dès 2002. De plus, selon une étude du Yankee Group, près de la moitié des utilisateurs américains seraient prêts à payer entre deux et trois fois plus cher un abonnement à Internet si ce dernier leur offrait la grande vitesse. Un nouveau réseau baptisé "Internet 2", dont une première portion a été inaugurée en début de mois, autorise des vitesses de connexions 40 000 fois plus rapides que celles offertes par les modems classiques à 56 Kbits/s sur des lignes téléphoniques analogiques. Bien que ce réseau sera réservé aux établissements publics, les industriels américains participent toutefois à sa mise en oeuvre, de façon "désintéressée". Les infrastructures hardware sont fournis par Cisco, tandis que l'opérateur Qwest Communications a posé les premiers 15 000 km de fibre optique. Les ordinateurs d'IBM administreront le trafic. De nombreux autres acteurs, comme les opérateurs de longue distance américains (ATT, Sprint, MCI), européens et asiatiques ainsi que de nouveaux venus comme Oxygen préparent le paysage de la grande vitesse sur Internet.

Oxygen entend ainsi déployer 160 000 km de fibre optique à la surface de la Terre et sous les océans et ouvrir ce réseau commercialement d'ici à quatre ans. Financée aussi bien par des équipementiers que par des opérateurs, la partie transatlantique devrait être inaugurée avant la fin de l'année. Offrant des vitesses de connexions 5 millions de fois plus rapides que celles proposées aujourd'hui, Oxygen devrait coûter au total 10 milliards de dollars (9,3 milliards d'euros). Oxygen a l'intention de louer l'accès à son service via un abonnement à prix fixe, indépendant du temps passé en connexions et des distances. (Les Echos - 30/03/1999)