Personne n'y croyait lorsqu'un ingénieur brestois et un professeur de l'ENST Bretagne, Claude Berrou et Alain Glavieux, inventent "les turbo codes". Il s'agit d'une méthode de codage permettant de ...

Personne n'y croyait lorsqu'un ingénieur brestois et un professeur de l'ENST Bretagne, Claude Berrou et Alain Glavieux, inventent "les turbo codes". Il s'agit d'une méthode de codage permettant de repérer puis de corriger les erreurs de transmission. Chacun d'entre nous a pu expérimenter cette désagréable "bouillie" qui rend incompréhensible la communication sur son téléphone portable. De plus, le champ électromagnétique autour de la Terre brouille les ordres envoyés par les ingénieurs de la Nasa à la sonde martienne Pathfinder. Seule solution, appliquer une méthode correctrice capable de récupérer sans erreurs un message masqué par un bruit de fond. Chaque décibel ainsi gagné dans le domaine spatial coûte des millions de dollars. Grâce à un code performant, la taille des antennes et du matériel de transmission peut être réduite. Claude Berrou précise "un gain d'un décibel fait économiser 40 millions de dollars à la Nasa".

En 1990, Claude Berrou songe à un code dont le décodeur pourrait s'intégrer aisément dans une puce de silicium "j'ai rassemblé des briques et, sur l'écran de mon ordinateur, il est apparu quelque chose de stable, de joli et de conforme à la théorie". Les turbo codes sont nés. L'inventeur imagine d'entrelacer deux "petits" codes, plutôt que de traiter un seul "gros" code aux dizaines de mémoires. Le décodeur traitera alternativement les deux codes en répercutant sur l'un les résultats produits par l'autre.

France Télécom croit immédiatement aux turbo codes. Neuf brevets sont déposés. Chef du service codage de la Nasa, Dariush Divsalar a contribué à imposer les turbo codes comme standard mondial des télécoms. Les futures missions spatiales devraient donc intégrer des turbo codes. L'invention pourrait aussi bénéficier à la troisième génération des téléphones portables. (La Tribune - 12/03/1999)