[Futur en Seine] Lancé par l’association Quatorze, le projet Matrioshka conçoit un mobilier urbain avec électricité verte et Wi-Fi, comme une nouvelle forme d’espace de coworking.

Le projet Matrioshka : des tiers lieux mobiles pour améliorer la ville

Son premier prototype sera présenté à Paris pour la conférence climat, la COP21 en décembre prochain. Le projet Matrioshka vise à construire des tiers lieux mobiles pour la ville notamment. Cela ressemble à une colonne Morris nouvelle génération, de six mètres de haut, et sans les publicités pour les spectacles. À la place, un routeur Wi-Fi et des panneaux solaires fournissent énergie et accès internet aux utilisateurs. Une énergie qui pourra alimenter quatre ordinateurs et six téléphones assurent les créateurs. Des places de bureau sont également prévues pour accueillir les salariés en réunion par exemple. La différence avec le Strawberry Tree dont L’Atelier avait déjà parlé ? La mobilité. Le Matrioshka serait en effet un dispositif pliable ou démontable, déplaçable au gré des besoins. Un peu à l'image du bus de la start-up Leap qui transformer de son côté le trajet quotidien en tiers lieu.

 

Conçu par l’association Quatorze avec les Ateliers de Paris, le projet n’est cependant pas encore figé. Plusieurs pistes sont envisagées par les concepteurs. Ces derniers hésitent entre l’éolien, l’hydrolien et le photovoltaïque pour fournir l’énergie du dispositif. Un choix qui dépendra en grande partie du lieu d’implantation, nous explique Romain Minod, un des responsables du projet. Ainsi pour Paris, l’énergie hydrolienne est exclue car la Seine ne fournit pas assez de courant.

« L'événementiel est pour nous comme une porte d’entrée pour développer ensuite le dispositif dans les municipalités qui verront que cela marche »

Mais c’est surtout entre la mobilité et le fixe que les concepteurs semblent hésiter. Entre un mobilier urbain immobile et un dispositif déplaçable, les possibilités dépendront de la cible. Les créateurs jouent en effet sur une double cible : à la fois les municipalités soucieuses de créer de nouveaux espaces pour les riverains et les organisateurs d’événements qui voudraient faciliter l’accès à l’énergie et à Internet sur leurs lieux. Pour un festival sur plusieurs jours par exemple, le dispositif Matrioshka fournirait une solution rapide au problème des batteries de téléphones épuisées selon Romain Minod. Ce dernier considère ainsi l’événementiel « comme un porte d’entrée pour développer ensuite le dispositif dans les municipalités qui verront que cela marche ».

Car pour le moment les initiatives pour développer Matrioshka dans des lieux publics voient difficilement le jour. « Les partenariat sont longs à mettre en place » explique Romain Minod. D’où l’idée de se focaliser sur les événements comme la COP21 qui servira de rampe de lancement pour le tiers lieu mobile de l’association. Peut-être le projet répondra-t-il à l’urgence de développer les espaces de coworking qui était évoquée lors de la dernière conférence organisée par L'Atelier.

Rédigé par Guillaume Scifo