L'UFC-Que Choisir et ses homologues européens partent en guerre contre les frais d'itinérances (roaming)! Ceux-ci, facturés par les opérateurs de téléphonie mobile, représenteraient un manque à...

L'UFC-Que Choisir et ses homologues européens partent en guerre contre les frais d'itinérances (roaming)! Ceux-ci, facturés par les opérateurs de téléphonie mobile, représenteraient un manque à gagner de 3.52 milliards d'euros par an pour les utilisateurs. Le sujet, qui doit faire l'objet d'un règlement européen cet été, ne respecterait pas, selon les associations, les recommandations énoncées en juillet par la Commission européenne. En cause: le lobbying des opérateurs. Les associations de consommateurs pourraient-elles changer la donne?
 
Lorsqu'un abonné, dans l'enceinte de l'Union Européenne, passe ou reçoit un appel hors de son pays d'origine, la minute est facturée 1.06 euro. Un tarif très élevé que la Commission avait prévu en juillet de plafonner à 49 centimes. Les appels sur place auraient été ramenés quant à eux à 32 centimes.
 
Cette proposition a soulevé une vague de protestations de la part des opérateurs mobiles, qui ont rétorqué avoir baissé leurs prix d'environ 25% depuis 2005. Or dans un communiqué, l'UFC-Que Choisir souligne que cette diminution des prix de gros n'a eu aucune répercussion sur les consommateurs.
 
En fin de compte, les parlementaires se seraient accordés pour un plafond plus souple, qui pourrait atteindre 60 centimes d'euro la minute. Pour les quarante associations protestataires, rassemblées au sein du BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), les opérateurs mobiles font pression sur les députés européens. Julien Dourgnon, directeur des études de l'UFC-Que Choisir, estime, dans des propos rapportés par 01net, que les opérateurs "se livrent à un chantage économique en prétextant que cela nuira au marché des télécoms".
 
Quant aux offres spécifiques misent en avant par les opérateurs, qui visent à proposer des prix avantageux vers et depuis l'étranger, l'UFC-Que Choisir précise que ces offres ne concernent soit qu'une "niche étroite de clients et sont donc inadaptées à la masse des consommateurs, soit sont très contraignantes à l'usage, soit encore s'avèrent être dans certains cas plus chères que le tarif de base".
 
Les associations proposent donc un tarif plafonné à 32 centimes d'euro la minute à l'International, plus proche des prix nationaux. Selon elles, ces baisses ne représenteraient pour les opérateurs qu'une diminution de leur rentabilité de 0.5 ou 1.5%. Et elles rendraient possible l'édification d'un marché intérieur européen des télécoms.
 
En France, le ministre délégué à l'Industrie, François Loos, souhaite une régulation significative des prix pour les consommateurs, mais estime que des "plafonds trop bas [...] risqueraient de déstabiliser l'économie du secteur déjà affectée par une baisse des revenus produits par les services mobiles". Il propose ainsi de fixer à 60 centimes d'euro la minute les appels émis et 25 centimes ceux reçus, tarification qui permettrait de maintenir le jeu concurrentiel.
 
Un premier texte de ce nouveau règlement sera présenté au printemps au Parlement. D'ici là, les associations et les consommateurs auront peut-être suffisamment fait entendre leur voix. A suivre!

Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 21/02/2007)