Les infrastructures réseau sont soumises à deux tendances : un cycle de vie court et un renouvellement des réseaux du câble au sans fil, ce qui ralentit le rythme d'adaptation des entreprises.

Le renouvellement des infrastructures réseau bridé par le cycle de vie des appareils

Pour la troisième année consécutive, le pourcentage d'appareils Cisco en cours d'utilisation dans les entreprises mais en fin de vente, c'est-à-dire ne pouvant plus être achetés, s'est accru de 35% en 2009 à 48% en 2013. Dans leur précédent rapport daté de 2012, Dimension Data, un fournisseur de services et de solutions informatiques, prédisait une adoption très rapide du BYOD et un ajustement des architectures réseau à l'intérieur des compagnies. Les auteurs du rapport présent, Network Barometer 2013, admettent que ce changement n'a pas été aussi prompt qu'escompté. Cependant, la modification des réseaux câblés vers la mise en place d'infrastructures sans fil est inéluctable car moins coûteux et demanderait moins d'énergie et de refroidissement. Les entreprises, elles, conserveraient pourtant pendant de longues périodes les appareils informatiques qui constituent leurs réseaux.

Un vieillissement accéléré...

Les entreprises auraient commencé à mettre à jour leur infrastructure réseau mais plus lentement, soumis aux impératifs des constructeurs qui imposent un rythme de changement rapide des appareils. En règle générale, il faut attendre deux à trois ans avant qu'un appareil ne soit plus vendu, et environ cinq années avant qu'il ne dispose plus d'aucun support par les constructeurs informatiques. Cet état de fait explique ainsi pourquoi de plus en plus d'appareils qui ne sont plus en vente ne sont pas plus vieux que des appareils encore disponibles sur le marché, mais également pourquoi le nombre de dispositifs en usage, mais disposant de moins en moins de support, a quant-à-lui doublé depuis le précédent rapport de Dimension Data. Dans les Amériques, en 2013, 37% des appareils en usage ne seraient plus en vente. Ils seraient 44% en Asie, 53% en Australie, 41% en Europe et 59% en Afrique et au Moyen-Orient.

…qui entraîne des risques de sécurité

Le vieillissement des appareils et le manque de support appellent un autre point à prendre en compte, celui de la sécurité. Les PSIRTs, qui désignent les vulnérabilités des logiciels informatiques détectés par les laboratoires de Cisco, seraient conséquemment de plus en plus nombreux sur les appareils. On retrouverait ainsi 67% des appareils Cisco à l'échelle mondiale avec une faille informatique, 50% en Europe, 66% en Asie, 80% en Australie et 78% au Moyen-Orient et en Afrique. A l'échelle mondiale, cela représente néanmoins un abaissement de quelques pour cents par rapport à l'année dernière, de l'ordre de 8%. Les auteurs ne considèrent pourtant pas cette baisse comme significative car, chaque année, de nombreuses failles sont découvertes. Seulement 3 avaient été détectées en 1995, 47 en 2002, 67 en 2006 et 50 en 2012. La faille la plus répandue, dénommée PSIRT 109444 et présente sur 66% des appareils Cisco en 2012, permet une attaque par déni de service qui laisse un utilisateur malveillant contrôler la connectivité d'un appareil en la laissant allumée.  

Rédigé par Guillaume Parodi
Rédacteur