La mise en place des réseaux sociaux d'entreprise montre une acceptation graduelle du procédé malgré certains obstacles culturels.

Le Réseau Social d'Entreprise enfin parfaitement adopté par ses utilisateurs ?

La mise en place de réseaux sociaux d'entreprise, si elle peut apparaitre légitime en offrant une voie transversale de communication, souffre d'importantes difficultés. Marqués par l'image ludique des réseaux sociaux publics, ces réseaux sociaux d'entreprise, axés surtout sur la relation de travail, ont eu du mal à gagner leur légitimité au sein de l'espace défini par son "sérieux". Cet obstace semble cependant avoir été en partie levé. Lecko publie ainsi une étude effectuée auprès de 10 entreprises du CAC 40 ayant mis en place de tels réseaux sociaux. Or si la phase de mise en place peut s'avérer ardue, il semble que la valeur d'usage des réseaux sociaux d'entreprise commence à être reconnue par les utilisateurs, et notamment, point important, par les instances de directions.

Une mise en place encore lente

Interrogées par Lecko, les équipes de directions de ces 10 entreprises ont ainsi majoritairement reconnu la qualité et l'apport d'un réseau social d'entreprise. Seuls 10% environ ayant ainsi défini leur expérience comme décevante, contre quelques 65% ayant reconnu le caractère très encourageant de leur initiative, 20% des répondants définissant même le RSE comme "prometteur". De fait, dans ces grandes entreprises, il semble que l'idée du réseau social d'entreprise ait pris auprès des employés. Ce sont ainsi 20% des entreprises analysées qui possèdent un réseau fort de plus de 10 000 membres, tout comme 20% d'entre elles en possèdent plus de 50 000 membres. Si pour 40% des entreprises le réseau reste relativement peu étendu avec moins de 1000 membres, il faut aussi prendre en compte la dimension temporelle importante, notamment de par la jeunesse de telles initiatives. La majorité de ces réseaux ont ainsi moins de 3 ans d'existence. Cette jeunesse des projets se retrouve dans le manque d'habitude des employés dont 50% d'entre eux mettent encore en avant un réelle difficulté à s'exprimer sur un espace ouvert tout comme une perte de repère dans l'accès jusque là formalisé à l'information. Il faut tout de même noter que si ces craintes persistent dans le ressenti des employés, ils sont une majorité à accepter des relations transversales dans l'organisation, justement pour améliorer entraide et circulation de l'information.

Les DSI porteurs de projet

Si de tels réseaux commencent à obtenir une certaine reconnaissance, leur mise en place n'en est pas moins clairement compliquée. Plutôt que des obstacles techniques, c'est un certain manque d'enthousiasme de la part des équipes dirigeantes qui semble émerger. Ainsi, pour l'intégralité des entreprises sondées, c'est un porteur de projet particulier qui a lui même travaillé à la mise en place du réseau. Les différentes équipes de direction, si elles sont intégrés au projet, semblent cependant embrasser des rôles très typés. Il apparaît ainsi à la lecture des résultats de l'étude que si les DSI sont responsables de la mise en place pratique du projet, les directions générales sont plutôt confinées à un rôle de "sponsor", légitimant l'importance et l'intérêt du projet.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste