Pour augmenter l'utilisation des plates-formes collaboratives en interne, les firmes doivent s'aligner sur les modèles grand public en termes de conception et de fonctions. Allouer leur gestion aux bonnes équipes est aussi une priorité.

Bien que les réseaux sociaux d'entreprise soient généralement considérés comme d'importants leviers de performance, il semblerait que ces plates-formes ne soient pas encore aussi populaires que prévu. Selon une étude réalisée par InformationWeek, alors que 87% des sociétés disposent de ce type d'outils en interne, seuls 13% des personnes interrogées considèrent leur déploiement comme un franc succès. En tête de liste des obstacles rencontrés par les firmes : l'adoption du réseau social par les employés (35%). Ces derniers sont souvent très actifs sur les plates-formes traditionnels grand public comme Facebook, LinkedIn ou Twitter mais peinent, d'une part à retrouver des fonctionnalités évoluées sur le support de l'entreprise, et d'autre part à en comprendre véritablement l'intérêt.

Intégrer des fonctionnalités, notamment l'e-mailing

Une des solutions évoquées par l'étude est justement de calquer ces réseaux sociaux internes sur le modèle des réseaux grand public, en proposant des options de recherche, de recommandation, de partage d'éléments textuels, graphiques ou vidéo ainsi que la possibilité de suivre facilement des fils de discussion. Les personnes reprochent par exemple l'absence d'intégration des e-mails directement sur la plate-forme dans 42% des entreprises alors que ces derniers restent le moyen de communication le plus utilisé. Même constat pour les programmes de discussions instantanées. Rajouter cette fonction peut donc être un vrai plus dans l'adoption de ces réseaux sociaux par les employés. Les salariés blâment aussi le fait que 34% des sociétés requièrent, pour accéder à la plate-forme collaborative, des identifiants différents de ceux utilisés pour allumer son poste de travail, par exemple.

Redonner les clefs aux départements IT

Il est également important de redonner les clefs de ces réseaux aux équipes informatiques alors que plus de 50% des sociétés en laissent la gestion soit à des prestataires extérieurs, soit directement aux équipes marketing. De plus, seuls 39% des entreprises analysent avec attention l'utilisation et la participation des salariés sur ces plateformes (nombre de visites, contenus postés...). Le secteur IT serait alors le plus à même de faire un point sur la situation, et de rajouter éventuellement de nouvelles fonctionnalités, souhaitées par les employés. Le rapport révèle que beaucoup de sociétés n'ont pas encore pris conscience du fait que ces réseaux internes étaient directement en concurrence avec les plateformes publiques et que si le niveau des prestations n'étaient pas au moins équivalent, les salariés  n'auraient que peu de raisons de les faire vivre. L'avantage est que des sites comme Facebook ou LinkedIn ont "formé" les employés aux pratiques des réseaux sociaux. Aux sociétés d'en tirer parti dans des optiques de productivité et de collaboration.

Rédigé par Mathieu Paumard