Le partage d'informations via les réseaux sociaux s'est révélé particulièrement efficace dans la prévention des risques humains durant les tornades qui ont touché le Sud des Etats-Unis.

Les réseaux sociaux sont un moyen crucial de prévention des catastrophes naturelles

Plus qu'un outil les réseaux sociaux semblent apparaître comme une structure à part entière de communication, engendrant aussi bien des habitudes de communications propres que des sous-réseaux et utilisations collatérales de la vitesse d'échange. Les réseaux sociaux ainsi que l'analyse des recherches effectuées sur les différents moteurs Internet ont ainsi permis de mettre en lumière aussi bien l'évolution des facteurs météorologiques à risque que par exemple d'estimer au plus près, et ce de façon plus efficiente que les estimations du CDC américain, l'évolution de l'épidémie de grippe sur le territoire nord américain. Thomas Niederkrotenthaler du Centre for Public Health of the Medical University of Vienna, lors de son analyse des impacts et dégâts générés par la série de tornades ayant touché les Etats-Unis en 2011, révèle ainsi un autre bénéfice des réseaux sociaux. Non seulement les informations sont très aisément partagées mais semblent surtout être prises plus au sérieux que les médias classiques dans la prévention des risques humains.

Plus d’immédiateté

L'étude, récemment publiée dans le journal international PLOS ONE, s'appuie sur l'opportunité historique présentée par la série de catastrophes climatiques dont a souffert les États-Unis cette année, enregistrant la troisième série la plus importante de tornades de son histoire. L'équipe autrichienne, en plus de chercher à évaluer les différents dégâts causés par ces phénomènes, ont cherché à identifier et quantifier l'impact des différents facteurs de prévention des risques auprès de la population. Si les médias traditionnels, et notamment la télévision ont joué un rôle important en relayant l'importance et la force des tornades ainsi que leur schéma de mobilité, c'est avant tout l'immédiateté et la multiplicité d'informations offertes par les utilisateurs de réseaux sociaux qui semble avoir caractérisé les comportements les plus sûrs. Les chercheurs ont ainsi analysé les très nombreuses communications entre victimes de la tornade afin d'en mesurer l'impact sur la sécurité des personnes. Il apparaît ainsi que les réseaux sociaux, à la différence de la télévision par exemple, proposent une information certes plus difficilement vérifiable mais plurielle, personnalisée et localisée. Le comportement de la tornade étant extrêmement volatil, le suivi instantané à permis d'identifier clairement les points de passage les plus à risque et d'en informer les habitants.

Plus de partage

"Le principal effet protecteur des médias a sa cause dans une importante caractéristique des tornades : à la différence des ouragans son schéma de mobilité ne peut être prédit que très peu de temps avant son arrivée." explique ainsi Thomas Niederkrotenthaler. Les réseaux sociaux ont ainsi permis de donner un laps de temps supplémentaire aux citoyens quand les autorités publiques n'offraient un suivi qu'à 15 minutes de latence. De même, cette étude pointe le fait que 20% des blessures et accidents provoqués par de telles catastrophes ne résultent pas de la tornade en elle-même mais bien conséquence indirecte des dégâts engendrés, notamment par exemple le fait de chercher à dégager une route des arbres qui la jonchent. Or, aussi bien dans le suivi de la tornade que dans le partage des informations concernant les risques et méthodes à suivre pour réparer les dégâts, les réseaux sociaux apparaissent ainsi avoir contribué grandement à en réduire l'importance en termes de coûts humains. Si l'information pouvait sembler presque trop abondante, le chercheur viennois rappelle que "Les gens qui avaient déjà entendu de nombreuses sirènes d'alarmes, souvent fausses, ne s'en protégaient que mieux durant le passage de la tornade même."

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste