Les solutions anti spam et tracking mises à disposition du public ne seraient pas évidentes à utiliser. Une difficulté qui nuit à leur efficacité.

Il reste ardu de préserver ses informations personnelles sur le web

Sur Internet, il reste complexe pour un utilisateur non initié de bloquer les opérations de tracking (récupération des données personnelles des utilisateurs), les publicités en ligne, ou encore les spams. Selon des chercheurs de l'institut Carnegie Mellon, il semble que les logiciels visant à remplir cette fonction et mis à disposition du grand public (parfois intégrés aux navigateurs eux-mêmes), soient trop complexes d'utilisation pour être réellement efficaces. Pour arriver à cette conclusion, ils se sont basés sur un échantillon de 45 internautes ne possédant pas de formation informatique particulière.

Des outils qui nécessitent une configuration complexe

 Et, comme l'explique Lorrie Cranor, directrice du CyLab Usable Privacy and Security Laboratory (CUPS), "la plupart du temps, les configurations choisies par ces utilisateurs ne protégent pas leurs informations privées, ou pas autant qu'ils l'imaginent". Première explication à ce problème: le mode de fonctionnement par défaut de ces outils, totalement inefficace. Contrairement à un logiciel classique, il est donc nécessaire de les régler précisément pour leur permettre d'être réellement efficient. Autre problème récurrent: le manque de clarté des configurations en question, qui rend impossible pour l'utilisateur la compréhension exacte de l'impact de ces dernières. Un manque de clarté qui se retrouve également une fois le réglage effectué. Aucune notification, aucun mail ne vient informer l'utilisateur si oui ou non, les tentatives de tracking de la part d'un site ont bien été bloquées.

Des listes automatiques extrêmement pratiques mais mal connues

Enfin, même dans le cas où l'utilisateur parviendrait à contourner l'ensemble de ces défauts d'usabilité, il lui est impossible de déterminer si les logiciels de tracking ainsi neutralisés font ou non partie des fonctionnalités essentielles des sites consultés. Pour résoudre le problème, les chercheurs conseillent le recours à ce qu'ils nomment des "tracking protecting list" (TPL), qui permettent de se prémunir automatiquement contre la majorité de ces logiciels, excepté ceux nécessaires au bon fonctionnement du site sur lequel l'on se trouve. Mais là encore, peu de consommateurs sont au courant de l'existence de ces listes, ce qui empêche leur généralisation