Depuis les révélations d'Edward Snowden, les citoyens du monde entier semblent soucieux des questions de sécurité et de confidentialité sur Internet. Une nouvelle technologie vient d'être développée par des universitaires américains pour venir rassurer les internautes.

Retracer ses données privées pour un usage du Web plus transparent

Bien qu'une grande partie des internautes n’hésite plus à acheter en ligne, cela ne les empêche pas de se soucier de la protection de leurs données privées. Certains Etats, institutions publiques ou privées cherchent actuellement soit à bloquer ou interdire Internet, soit au contraire à utiliser ces milliards d'informations pour espionner les citoyens. Compte tenues de la multiplication des plateformes de partage de données, il paraît délicat d'adopter des mesures de restrictions. En effet, dans de nombreux domaines tel que la santé, l'échange de données incarne l’une des clés d’amélioration. Mais également, dans le domaine privé, avec l'adoption par les usagers du partage de musiques, de vidéos entre amis, famille. De nouvelles solutions doivent être mises en place. C'est dans cette optique qu'une nouvelle technologie a été développée au sein du CSAIL* du MIT permettant de retracer ses données.

Où vont mes données ?

Face à ce climat, des chercheurs du MIT ont décidé de miser sur la transparence pour rassurer les internautes. Chapeauté par Tim Berners-Lee, le fondateur du Web, le DIG (Groupe décentralisé de l'information du MIT) s'est penché sur l'élaboration d'un nouveau protocole : « HTTP with Accountability » (littéralement, HTTP avec responsabilité). Cette technologie suivra automatiquement la transmission des données privées et permettra donc à l'internaute d'examiner l'utilisation qu'il en est faite. Ainsi, avec HTTPA, chaque élément de données privées se verra affecter un identifiant propre de ressource uniforme (URI). Il s'agit d'un élément clé du Web sémantique, un nouvel ensemble de technologies soutenu par le W3C** et oeuvrant pour la création d'une base de données géante et structurée. De cette manière, l'accès à distance à un serveur web serait mieux contrôlé. A chaque fois que le serveur transmettra des données "sensibles", une description des restrictions d'utilisation sera également générée.

Créer un climat propice aux achats

Le mois prochain, l’IEEE, l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens, association dont le but est de promouvoir la connaissance dans le domaine de l’ingénierie électrique et qui joue un rôle important dans l’établissement des normes tient une conférence autour de la vie privée, de la sécurité et de la confiance. Ce nouveau protocole devrait y être présenté. Particularité de cette technologie, celle-ci fonctionnera sur la base du volontariat. Ce sera donc aux développeurs de logiciels de l'intégrer lors de la conception de leurs systèmes. Cependant, Oshani Seneviatne, l'une des chercheuses du projet, assure "qu'il ne sera pas difficile de transformer un site existant en un site HTTPA". Enfin, cette initiative pourrait fortement intéresser les entreprises offrant des services qui gèrent de nombreuses données privées comme les sites d'e-commerce. Cela pourrait rassurer les clients dans leurs achats en ligne et ainsi encourager les ventes. Une utilisation pour contrôler les transactions Bitcoins pourraient également s'envisager.

 

*Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory

**Le World Wide Web Consortium, abrégé par le sigle W3C, est un organisme de normalisation chargé de promouvoir la compatibilité des technologies du World Wide Web telles que HTML, XHTML, XML, RDF, SPARQL, CSS, PNG, SVG et SOAP.

Rédigé par Kenza ADEÏDA
Journaliste