Si l’usage des réseaux de radiodiffusion pourrait permettre d’élargir le champ des possibilités concernant le marché mobile au Brésil, certains problèmes d’interférences restent toutefois à régler.

Réutilisation de signaux de radiodiffusion pour les mobiles : entre opportunités et interférences

Le marché mobile brésilien semble poursuivre son essor entamé depuis quelques années se plaçant à la quatrième place marché mondial avec 135 millions d’accès en haut débit attendus d’ici fin 2014 et plus de 260 millions d’utilisateurs. Toutefois, la difficulté se pose concernant la nécessité d’élargir le spectre de fréquences disponibles afin de pouvoir répondre à la demande grandissante de ces consommateurs. Ainsi, en octobre dernier, le régulateur brésilien ANATEL a pris la décision d’octroyer le dividende numérique aux mobiles et d’adopter la bande APT 700 MHz jusqu’alors dédiée exclusivement aux services de radiodiffusion. Mais si ce passage à la bande APT 700 MHz permettra le développement de nouveaux services mobiles LTE et offrira un impact socio-économique positif pour le pays, des problématiques liées aux interférences se posent.

Une bande surchargée

Ainsi, les prévisions estiment que l’élargissement du spectre de fréquence devrait permettre un apport de près de 1,4 milliard de dollars au PIB du pays et de 1,3 milliard de dollars de recettes fiscales. De plus, la création de 4300 emplois est déjà attendue d’ici 2020. Autre impact positif, le développement des nouveaux services mobiles devrait permettre de réduire la fracture digitale et favoriser ainsi l’accès au haut débit pour le plus grand nombre, priorité actuelle des gouvernements d’Amérique Latine. Par contre, à ces bénéfices devraient s’ajouter malheureusement des problèmes de brouillage entre ces nouveaux signaux mobiles et les signaux de radiodiffusion déjà existants ou prévus. Toutefois, la GSMA, association représentant près de 850 opérateurs de téléphonie mobile à travers 218 pays du monde, semble vouloir apporter dès à présent des solutions concernant les moyens de réduire les interférences.

Des pistes pour une expérience optimale

Dans une étude réalisée par l’ATDI, l’association envisage plusieurs pistes pour résoudre cette problématique du brouillage. Elle précise dans un premier temps que la population touchée reste faible et peut être réduite par l’application de techniques d’atténuation appropriées pour les zones d’interférences potentielles. L’application de filtres placés sur les émetteurs -télévision ISDB-T et mobile LTE- permet également de sensiblement réduire le brouillage. Enfin, la mise en place de plans permettant d’éviter les émissions de fortes puissance dans les canaux de télévision favorisera la coexistence. Si les villes de Brasilia, Campinas et Sao Paulo, régions les plus densément peuplées du pays et donc les plus exposées aux risques d’interférences, ont fait l’objet de l’étude, le Costa Rica, le Chili et l’Equateur sont dans le même processus d’ouverture du spectre du dividende numérique. Cette étude pourrait donc inspirer les opérateurs de ces pays.

Rédigé par Kenza ADEÏDA
Journaliste