technologies numériques. La densité des connexions Internet menace d'asphyxie la Silicon Valley. Effectivement, l'infrastructure conçue pour des conversations devant durer quelques minutes, déborde ...

technologies numériques. La densité des connexions Internet menace d'asphyxie la Silicon Valley. Effectivement, l'infrastructure conçue pour des conversations devant durer quelques minutes, déborde devant l'afflux des utilisations d'internautes restant vingt, trente minutes ou même une heure connectés à leur service de courrier électronique ou à leur base de données. Résultat, au pays des micro-processeurs, les délais sont parfois très importants pour obtenir la tonalité, ce qui est intolérable. Bien sûr, une solution a rapidement été trouvée. Ainsi la compagnie téléphonique qui couvre la Californie du Nord a lancé un programme d'installation de lignes numériques plus rapides à la norme RNIS. Cependant cette norme ne représente qu'une technologie de transition qui ne devrait atteindre que 5 % du marché en l'an 2000. Alors que les "modems" téléphoniques offrent des vitesses d'environ 1 000 à 6 000 caractères par seconde, le RNIS atteint 150 000 caractères/seconde, alors que la technologie ADSL offre quatre fois plus. Cependant pour permettre le développement des futures utilisations d'Internet comme la vidéoconférence en temps réel et la réalité virtuelle, c'est encore insuffisant. Rien qu'en se connectant à un site spécialisé dans la visualisation des charges du réseau au niveau mondial (http://www3.mids.org/weather) qui publie des cartes montrant le flot des données et l'encombrement des serveurs, on se rend compte très rapidement que c'est Internet lui-même qui est engorgé. Les câblo-opérateurs ont rapidement compris que l'accès Internet était pour eux une formidable opportunité de diversification. 95 % des foyers américains sont atteints potentiellement par le câble qui peut offrir des vitesses de l'ordre de trois millions de caractères/seconde et cinq fois plus sous la norme ATM avec accès illimité à Internet pour 250 F par mois environ. Les deux tiers de ces foyers ont déjà souscrit au cable. La société COM21 située à Milpitas au coeur de la Silicon Valley s'est ainsi lancée dans la conception, la fabrication et la commercialisation d'une nouvelle génération de boitiers d'accès et surtout d'un serveur d'une rapidité extraordinaire pour la tête du réseau. L'évolution de ce marché sur lequel des sociétés comme Motorola, General Instruments et LanCity sont en concurrence, sera définie en fonction des capacités d'investissement des câblo opérateurs américains. D'ores et déjà, l'Europe représentant également un marché potentiel important, Siemens et Philips ont passé un accord avec COM21 et commencé des essais. Cette nouvelle infrastructure super-rapide une fois mise en place, il n'est pas difficile de l'utiliser pour des applications classiques, pourquoi donc ne pas l'offrir au téléphone en prime ? Lorsque les opérateurs de télécommunications en Europe réaliseront leurs plans financiers à long terme, ils devront prendre en compte que le fait de téléphoner par l'intermédiaire de son ordinateur sans passer par une compagnie de téléphone représente non seulement un gain de productivité, mais aussi une considérable économie . (Le Figaro - 27/08/1997)