Via les réseaux, les collaborateurs deviennent de potentiels ambassadeurs de leur marque. Une responsabilité qui ne se provoque pas mais qui est une conséquence de la situation qu'ils vivent dans leur société.

« Un salarié épanoui sera plus enclin à parler de son entreprise »

Entretien avec Eric Lemaire, directeur de la communication et de la responsabilité d’entreprise d’AXA France. Pour sensibiliser ses salariés et véhiculer son image de marque, la société d’assurances a sorti en décembre un Guide du bon sens numérique, fruit du travail collaboratif de ses salariés.

L’Atelier : En fréquentant les médias sociaux, les individus sont désormais plus visibles, et peuvent véhiculer une image autant positive que négative de leur entreprise. Faut-il encadrer cette présence ?

Eric Lemaire : Il ne faut pas la restreindre en tout cas. De notre côté, nous avons ainsi toujours laissé un accès libre au web à nos salariés, ce qui comprend les réseaux sociaux. Ils signent seulement au départ une charte assez classique. Il me semble qu’il ne faut pas interdire mais plutôt tabler sur le respect de la liberté de chacun et l’éducation, la sensibilisation sur ce que sont les réseaux sociaux.

Il ne faut pas s’imposer par une charte, par un cadre légal, mais faire de la prévention. Sur le contrat de travail, il y a de toute manière un devoir de loyauté envers lequel le salarié s’engage. Il faut juste que les collaborateurs se rendent compte que les réseaux sociaux sont un simple prolongement de ce devoir. Sur ces sites, l’individu est poussé à partager, à se confier. Or il ne faut pas oublier qu’il n’est pas autour de la machine à café, qu’il y a une déontologie à respecter. Il faut également faire attention à sa marque personnelle.

S’il s’agit d’abord d’une démarche personnelle, qu’est-ce qui va pousser un salarié à parler en bien de son entreprise ?

Un salarié épanoui et qui montre une motivation importante dans son travail, c’est un salarié qui, s’il doit s’exprimer sur son entreprise, le fera certainement en bien. Du coup, c’est surtout sur le bien-être des individus qu’il faut se centrer. En ce qui concerne leur vie sur la Toile, je crois que l’idéal est du coup d’aider, d’informer. Cela est motivant et donne à la personne une bonne image de son entreprise. Nous avons ainsi eu des réactions plutôt positives après la sortie du Guide du bon sens numérique : les salariés ont estimé que leur entreprise était là pour les aider à utiliser les réseaux sociaux. Il en a découlé une certaine bienveillance.

Mais si chaque personne devient un ambassadeur potentiel, ne faut-il pas l’encourager à le faire ?

Pas directement, non. Il faut laisser faire les choses. Inciter quelqu’un à transmettre des informations sur son entreprise serait contre productif. Les personnes parlent de ce dont elles ont envie de parler.

Ce qu’il peut être intéressant de faire, c’est leur donner toute la matière dont ils pourraient avoir besoin s’ils veulent partager. Il faut former aux réseaux sociaux, donner accès à l’information disponible sur l’actualité interne. Par exemple, les salariés sont plutôt fiers que l’on parle de leur entreprise dans la presse. Rendre ces articles visibles en interne est un moyen d’en faciliter le partage. Il faut aussi savoir se mettre en résonance avec l’actualité. Après une tempête par exemple, nos salariés ont envie de parler de leur métier, de leurs actions. Du coup, il faut les encourager en leur donnant le matériel.

L’important est de mettre au point tout un canevas d’informations et d’outils, via un intranet, une plate-forme sociale. Après c’est aux individus de s’en emparer s’ils le souhaitent.

 

 

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media