Start-up colombienne sélectionnée pour la finale du Seedstars world 2015, Usetime propose aux entreprises une plateforme pour suivre l’avancée des projets à distance et contrôler la productivité des employés.

[Seedstars World] Le télétravail encouragé par Usetime, un outil de management à distance

Mondialisation oblige, le management à distance se banalise, et les outils permettant de gérer les projets de loin deviennent capitaux. Usetime, projet développé par une start-up colombienne, est l’un d’entre eux. Le principe ? Une plateforme en ligne qui permet de gérer à distance l’évolution d’un projet, en suivant pas à pas les différentes tâches mises en œuvre pour sa réalisation. « A chaque projet correspond une page qui centralise toutes les informations en lien avec celui-ci : emails, calendrier, liste de tâches à effectuer, notes… » détaille Alexandra Gamarra, fondatrice et dirigeante de Usetime. « Toutes les parties prenantes ont accès à cette page. On peut donc voir, en un coup d’œil, que le projet a démarré à telle date, qu’untel a téléchargé tel fichier, un autre a rencontré telle personne… tout ce qui fait avancer le projet. Plus besoin de tenir de réunions.» En outre, l’entreprise propose une application qui fournit des statistiques sur la productivité des employés, notamment sur le temps que chacun consacre aux activités productives. Celle-ci peut être adaptée aux différents types de postes. Par exemple, si pour un community manager, être actif sur les réseaux sociaux constitue une activité productive, ce ne sera en revanche pas le cas pour un comptable. Cet outil est cependant optionnel, ne collant pas avec la culture managériale de toutes les entreprises.

Un outil pour promouvoir le télétravail

Le projet est né alors qu’Alexandra dirigeait, depuis le Royaume-Unis, un commerce en ligne dont certains employés étaient basés en Colombie. « Je n’étais pas compétitive et perdais beaucoup d’argent dans la mesure où les projets n’étaient jamais finis dans les temps. Je me suis donc mise en quête d’un outil permettant de gérer plus facilement des projets à distance. N’en trouvant pas, j’ai décidé d’en créer un. C’est ainsi qu’est né Usetime. » Outil destiné à l’origine à son usage personnel et n’ayant aucune vocation à être commercialisé.  « A notre retour en Colombie, en 2011, nous avons constaté que le travail à distance devenait de plus en plus courant. En Amérique latine, comme les villes sont immenses et les transports publics peu efficaces, les routes sont en permanence saturées, et de nombreuses personnes mettent plusieurs heures pour se rendre au bureau. C’est pourquoi le gouvernement colombien incite les entreprises à autoriser leurs employés à travailler depuis leur domicile. Ces dernières ont donc besoin d’outils pour gérer leurs équipes à distance… » Devant cette opportunité, Alexandra décide de se consacrer exclusivement à Usetime afin de le vendre aux entreprises.  Mise sur le marché en mars 2014, la plateforme compte pour l’heure un millier d’utilisateurs. Un partenariat vient d’être signé avec Telefonica, le géant espagnol des télécommunications qui  assurera la distribution de Usetime en Amérique latine. Un autre accord a été signé avec Nubelo, portail de l’emploi pour travailleurs indépendants. Les 200 000 personnes inscrites chez eux pourront ainsi proposer leurs services en tant qu’indépendants sans avoir à quitter leur domicile. Usetime travaille également avec le gouvernement colombien dans l’optique de promouvoir le télétravail.

Rendre le marché du travail accessible aux handicapés moteurs

Les enjeux sont de taille : permettre au télétravail de se développer massivement permettrait d’améliorer le quotidien de nombreux individus qui passent plusieurs heures par jour dans leur véhicule. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, et donc des dommages sur l’environnement, serait en outre non négligeable. Ce système redonnerait également accès au marché du travail à un certain nombre de personnes qui en sont exclues, et notamment les handicapés moteurs, dont les difficultés pour se déplacer prive souvent d’opportunités de travail. De nombreuses femmes dotées d’enfants en bas âge pourraient également ainsi s’occuper d’eux sans faire une croix sur leur carrière professionnelle.  L’entreprise ne compte pas se cantonner à la Colombie et a pour ambition de séduire toute l’Amérique latine. Et plus si affinités : la possibilité de travailler depuis son domicile, qui devient une nécessité dans de nombreux pays émergents, pourrait aussi constituer un confort bienvenu dans de nombreux pays occidentaux.

 

Rédigé par Guillaume Renouard