Des chercheurs américains ont tenté de déterminer dans quelle mesure les universitaires excessivement créatifs contribuent à nourrir en continu l’innovation dans la recherche.

Après le serial entrepreneur, le serial inventeur ?

« Nous avons voulu déterminer si, comme les serial entrepreneurs, il existait des serial inventeurs », annonçait, il y a un mois, le docteur Richard Kordal dans un communiqué de presse. Ce dernier, qui a dirigé les recherches à la Louisiana Tech University, est formel : les chercheurs et les ingénieurs américains sont des as du brevet.

Pour arriver à cette conclusion, son équipe et lui ont étudié 23 ans de dépôts de brevets des cinq plus grandes universités du pays. Les résultats démontrent qu’un petit pourcentage de personnes – 10% – est à l’origine de la moitié des brevets déposés par chaque université. Ceux-là, champions de l’innovation, font ainsi partie du club très prisé des « serial inventeurs ». Surperformance dans la trouvaille de nouveaux concepts, fortes capacités à réunir des équipes compétentes, aisance et succès dans la demande de subventions : ces inventeurs-là connaissent la recette à suivre sur le bout des doigts.

Chercheurs et brevets

Selon les Etats fédéraux, le soutien financier pour l’enseignement supérieur peut varier et la compétition est rude. Certains chercheurs n’hésitent pas à déménager dans une école plus aisée pour développer leurs projets. Et Richard Kordal de conclure pour son propre institut, qui ne faisait pas partie des lieux étudiés : « Les universités sont en compétition pour ces serial inventeurs. Si nous n’investissons pas dans l’enseignement, nous - la Louisiana Tech University, pourrions être en danger de les perdre. La disparition de ces innovateurs-clé pourrait avoir des effets négatifs durables sur notre développement économique. »

Rédigé par Anna Bochu
Journaliste