Les travailleurs indépendants sont de plus en plus nombreux. L’ère digitale a initié la tendance du freelance et pousse aujourd’hui sa croissance.

Les start-ups mettent fin à la solitude des freelances

« Les travailleurs indépendants ont quitté un cadre d’emploi traditionnel pour travailler sur des projets qu’ils peuvent sélectionner et qui font sens pour eux. Ils suivent leur passion et sont en quête de flexibilité », a expliqué Tessa Greenleaf de CloudPeeps à l’occasion de l’évènement Future of Work hébergé chez Parisoma à San Francisco et organisé par la communauté Mangrove. Et les travailleurs sont de plus en plus nombreux à choisir le chemin de l’indépendance. 34% de la main d’oeuvre américaine travaille en freelance. Un chiffre amené à atteindre 50% d’ici 2020. Selon un sondage réalisé aux États-Unis, 46% des freelances seraient prêts à revenir à un emploi traditionnel à condition que celui-ci corresponde à leur job rêvé et 13% disent ne vouloir revenir à un emploi encadré par des horaires de travail fixes sous aucune condition. Indéniablement, notre rapport au travail évolue. « Nous sommes en train de passer d’un monde où les actifs travaillent pour une seule et même entreprise à un monde où les actifs travaillent avec différentes entreprises », a souligné à ce propos Maren Kate, responsable des opérations chez Roam.

La communauté, antidote contre la solitude

Cependant, les freelances, bien que courageux et engagés, ne sont pas à l’abri de la solitude. « Souvent, les premiers mois sont un vrai bonheur pour toute personne ayant choisi de travailler en indépendant et pour qui les affaires décollent. Mais rapidement, le fait de travailler seul, d’être son propre patron, génère un sentiment d’isolement. La camaraderie manque aux freelances », a commenté Tessa Greenleaf. Ils ne devraient pour autant pas se décourager. Des solutions, fruits de notre ère technologique, émergent pour leur venir en aide. Les communautés de nomades digitaux fleurissent.

Les plateformes Outsite et Roam proposent ainsi d’aider les freelances à trouver des lieux de vie en communauté, favorables à l’exercice de leur activité professionnelle, qu’il s’agisse d’une retraite d’une semaine ou d’une location au mois. Outsite met ainsi en avant des espaces dans quatre villes californiennes (à partir de 300 dollars la semaine, logement et espace de travail inclus) quand Roam ouvre sur l’international : Bali, Madrid et Miami à partir de 500 dollars la semaine en pension complète. Ainsi, en plus de lutter contre la solitude, ce modèle dit de « co-living » en anglais  permet aux freelances de partager leurs expériences avec d’autres travailleurs indépendants, de profiter de compétences complémentaires aux leur et pourquoi pas, grâce à l’émulation collective, de donner naissance à de nouveaux projets

Mangrove, dont le lancement était célébré à l’occasion de l’évènement Future of Work, porte une vision similaire. Les membres de cette communauté de freelances - entrepreneurs dans l’âme se meut aux quatre coins du monde. Ils se retrouvent à intervalles régulières lors de retraites pour profiter de la belle énergie du groupe et des synergies à même de se créer. Un style de vie qui permet à ces travailleurs d’un nouveau genre de jongler habilement entre gagne-pain et passion.

Freelance cherche contrats

Des start-ups permettent également de faciliter la gestion administrative et financière du statut de freelance. On parlait il y a quelques temps sur le site de L’Atelier de Bonsai, jeune pousse ayant fait ses armes au sein du célèbre Y Combinator. Cette dernière soulage les travailleurs indépendants de leurs pénibles tâches administratives en facilitant l’émission de contrats et de factures.

Quant-aux start-ups Cloudpeeps et Konsus, elles aident les freelances à décrocher des contrats - ce qui peut être un challenge lors des premiers mois d’activité. Inversement, elles rendent service aux entreprises en recherche de travailleurs externes adaptés à leurs besoins ponctuels. Ceux-ci peuvent se constituer un profil sur leur marketplace et ainsi mettre en avant leurs compétences. Les plateformes se chargent d’y associer des missions postées en amont par des entreprises en demande.

 

 

Rédigé par Pauline Canteneur