Qu'il s'agisse du paiement de proximité en utilisant son téléphone comme un outil pour régler, ou plutôt d'acquérir des produits directement avec son combiné, c'est l'immédiateté de l'usage qui en fera le succès.

Le succès du paiement mobile ? Des équipements adaptés et de la simplicité

Entretien avec Nicolas Guieysse, délégué général de l'AFMM (Association Française du Multimédia Mobile).

 

L'Atelier : Les initiatives autour du paiement mobile sont nombreuses en France, mais tardent à se généraliser. Pourquoi ?

Nicolas Guieysse :C'est vrai que ça fait longtemps que l'on dit qu'on arrive enfin à l'année zéro. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien : en parallèle le marché grossit. 800 millions d'euros en 2010, ce n'est pas rien. Sur le secteur du micro-paiement, il est même mature, si l'on englobe le web. Sur le m-commerce, il y a eu de belles success story en 2010, avec eBay sur mobile, Ventes Privées... Mais évidemment encore rien de comparable avec l'e-commerce.

 

N’est pas parce que pour s'imposer, il faudra que le secteur propose quelque chose de véritablement nouveau, une simplicité d'usage qui fera sens pour privilégier un mode de paiement à un autre ?

Probablement. Si l'on compare avec les pays émergents, c'est vrai que nous sommes saturés de solutions de paiement. Du coup, le mobile en est une supplémentaire, dont on peut dire qu'elle est l'avenir, à condition d’avoir une valeur ajoutée. Nous avons beaucoup de solutions de paiement devant nous. Pour introduire un nouvel usage, il faut qu'il soit mieux adapt&eacut;. Il y a aussi la question des équipements. Dans les régions en développement, les gens qui les consomment vont peut être prendre plus de temps à se créer un compte, à suivre plusieurs étapes pour pouvoir en profiter, parce que cela fait sens. En France, la vraie valeur supplémentaire sera l'immédiateté. Il faut donc avoir une capacité d'équipement qui permettra à l'utilisateur de bénéficier d'un service directement. Si l'on prend l'exemple du paiement de proximité avec un téléphone, il existe ainsi des solutions qui proposent d'ajouter un composant pour rendre l'appareil NFC. Cela marche aujourd'hui parce que les combinés ne sont pas compatibles avec cette technologie. Mais à terme c'est l'intégré qui fonctionnera. L'expérience client est la clé.

 

Peut-on aussi évoquer la question d'une multiplicité de solutions qui pourraient effrayer l'utilisateur ?

Je ne pense pas qu'un utilisateur ait à faire face à un foisonnement d'offres. Il est clair qu'à un moment, chacun va peut-être vouloir y aller de sa solution de paiement par compte, et qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde. Une seule personne ne pourra pas jongler avec quinze systèmes différents.

Mais au vu de  la situation actuelle, il ne semble pas que ce soit la profusion qui empêche un vrai décollage, mais peut-être plutôt que ces solutions n'étaient pas adaptées. La multiplicité n'est pas un problème pour l'utilisateur final. Je ne suis pas sûr que ce qui se joue en ce moment, comme le rachat de Zhong, un acteur du micro-paiement, par eBay, qui se place ainsi du côté du macro-paiement, soit perçu du grand public. Pour résumer, il y a actuellement plusieurs acteurs sur chaque créneau. A l'arrivée, je pense qu'il y aura un nombre réduit d'acteurs, qui occuperont les différents espaces.