Alors que le média a fortement pénétré la population, tous ses acteurs n'auraient pas la même crédibilité. De plus, certains utilisateurs auraient abdiquer quant à la gestion de leurs données.

Suisse: internet est un média fiable, excepté pour les réseaux sociaux et la politique
Avec un taux de pénétration de la population de 85% et de plus de 70% chez les seniors (entre 60 et 74 ans), la Suisse constitue un des pays les plus connectés en monde selon l'étude  “World Internet Project – Switzerland” menée par le professeur Michael Latzer de la division  Media Change & Innovation du IPMZ à l'université de Zurich. La seconde édition de ce travail montre que les croyances envers les contenus basés sur Internet n'avaient que peu changé lors de ces dernières années. Plus de trois quarts de la population helvète considère qu'au moins la moitié des contenus de la toile sont fiables. Les contenus de sites de médias ou émanant de sites des communautés territoriales sont jugés particulièrement dignes de confiance quand les réseaux sociaux sont considérés commes les sources d'informations les moins raisonnables. 

 

Une source importante d'information mais n'ayant que peu de crédibilité en politique

Depuis 2011, le média a gagné en légitimité comme source d'information devenant même le média prépondérant à égalité avec les journaux traditionnels papier. Pour les jeunes utilisateurs (14-29 ans), Internet ravit la première place sans conteste. Cependant, malgré des marques de confiance apportées au média, le scepticisme suisse quant à l'introduction du numérique dans la vie politique est grand. En effet, seuls 4 à 7% de la population sont convaincus de l'impact positif du numérique dans la vie politique. Ainsi, Internet n'est pas utilisé comme un espace de débat politique en Suisse. 71% de la population ne débatteraient de politique qu'en étant hors ligne et la moitié ne juge pas opportun de critiquer le gouvernement librement sur Internet, un tiers étant résolument contre. 
 

Une acceptation du recul de la vie privée

Malgré le scandale lié à la NSA, la part de la population éprouvant de la défiance à confier leur données personnelles aux entreprises (40%) est plus importante que celle rechignant à confier ses données à l'Etat (26%). Les femmes sembleraient moins préocuppées par leurs données personnelles que les hommes. On observe également le même phénomène chez les jeunes. Les 45-59 ans seraient les plus inquiets et formeraient le noyau dur des voix en faveur de plus de restrictions réglementaires attrayant à la collecte de données. En fait,  si 80% de la population se sentent concernés par la protection de leur vie privée en ligne, un utilisateur sur deux aurait accepté l'idée de voir celle-ci disparaitre du fait de l'utilisation du web. 
Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste